lundi 7 mars 2016

Bretagne : des élèves convoqués par la Gendarmerie à cause de leurs cours sur la Russie

ÉDUCATION
Le totalitarisme en marche. Un enseignant breton en vacances a appris avec stupéfaction que ses élèves de troisième année de collège avaient été auditionnés par la Gendarmerie. Motif de l’enquête ?... La façon dont il aurait présenté la Russie contemporaine durant ses cours. On n’avait encore jamais vu ça. Même du temps où certains professeurs vantaient les mérites de l’Union soviétique.




Le 17 février, six de ses élèves étaient convoqués par la Gendarmerie d’Auray pour subir un long interrogatoire à propos des cours dispensés par leur professeur. Les enquêteurs ont ainsi tenu à savoir ce qu’avait déclaré l’enseignant au sujet de la Russie et de Vladimir Poutine durant ses cours d’Histoire qu'il donne en langue bretonne.


Pascal G., professeur d’Histoire et de langue bretonne du collège Sainte-Anne à Sainte Anne d’Auray en Bretagne, n’en revient toujours pas. Revenant de vacances, il a en effet appris avec stupéfaction que ses élèves de troisième année de collège avaient été auditionnés par la gendarmerie.


« J'ai d'abord fait un état des lieux de la Russie après la fin du communisme. J'ai expliqué les grandes lignes de la politique du président russe, Vladimir Poutine. Une politique qui a consisté à constituer une classe moyenne en Russie tout en s'appuyant sur le sentiment patriotique, après les années de crise de la présidence de Boris Eltsine », a expliqué le professeur incrédule au journal en ligne breton Breizatao.



L’action de la Gendarmerie intervient alors que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Moscou courant décembre 2015 afin de coordonner les efforts de l’Armée Française avec ceux de l’Armée Russe en Syrie pour lutter contre Daesh.

C’est lors de la rentrée des classes que Pascal G. a été informé par ses élèves de leur mésaventure. Le professeur doit être entendu à son tour dans les prochains jours par la Gendarmerie. Malgré ses demandes, celle-ci ne lui a pas donné de détails sur les raisons de l’enquête dont il fait l'objet.

« J’aborde l’Histoire sur la base des faits, j’essaie d’expliquer la complexité des rapports géopolitiques afin de développer l’esprit critique des élèves. Je ne me prononce pas sur le bien-fondé ou non des actions menées par une diplomatie », déclare-t-il.
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