jeudi 21 mars 2013

Assemblée : Ayrault dit avoir un cap, les députés restent dubitatifs

Il n'y a que la foi qui sauve... Mais soulèvera-t-elle les montagnes ?
J
ean-Marc Ayrault a essayé mercredi de montrer à une majorité inquiète et encore sous le choc de la démission de Jérôme Cahuzac que l'exécutif avait un cap. « Je sais où je vais », a-t-il déclamé devant un parterre d’élus pour le moins dubitatifs.
La motion de censure déposée par le président de l'UMP, Jean-François Copé, a fourni l'occasion au Premier ministre d’expliquer aux députés et ministres ce qu’il appelle « la cohérence de l'action conduite depuis dix mois dans un contexte de crise économique et sociale ». Très impopulaire tout comme son Premier ministre, le chef de l'État devrait néanmoins s'exprimer avant la fin du mois.¢


Principal message martelé par M. Ayrault, à destination de ceux qui doutent, y compris dans la majorité où il y en a beaucoup: « Mesdames et Messieurs les députés, je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire », a lancé M. Ayrault, suscitant les sarcasmes sur les bancs de l'opposition.

Désendettement, lutte contre le chômage, réindustrialisation, réforme de la protection sociale… autant de thèmes présentés comme prioritaires devant des élus assez incrédules.

Ceux qui attendaient des précisions sur la future taxe sur les très hauts revenus, la date d'entrée en vigueur, en 2014 ou 2017, du non-cumul des mandats ou les modalités de la future réforme des prestations familiales en ont été pour leurs frais.

« Ma rigueur, c'est d'abord cette détermination réformiste, assumée, et sans faille », a expliqué M. Ayrault, faisant à nouveau référence au « nouveau modèle français » qu'il dit promouvoir depuis plusieurs mois. Il a aussi appelé à un « compromis historique pour sortir de la crise » et souhaité que chacun fasse des « efforts pour sauver le système de retraites ».

Le chef de la majorité a toutefois assuré qu'il n'entendait pas « substituer une austérité de gauche à une austérité de droite. L'essentiel du redressement de nos finances viendra de l'effort sur la dépense publique et non de nouvelles hausses d'impôts », a-t-il promis. Incrédulité sur les bancs de l’Assemblée.

Il a aussi accusé Jean-François Copé de s'être « trompé tout simplement d'adresse » en déposant sa motion de censure contre l'actuel gouvernement et non contre « l'héritage d'impuissance et de renoncement » du précédent quinquennat.

Enfin, M. Ayrault a cherché à desserrer la pression exercée sur le gouvernement français en appelant à « changer l'orientation de l'Europe, dominée aujourd'hui par des majorités conservatrices ». Les élections européennes de 2014 doivent à cet égard « être le grand rendez-vous des peuples européens », selon M. Ayrault. Mais alors, le changement c’est pour quand ?¢
Avec AFP