mercredi 20 mars 2013

Affaire Cahuzac : démission du ministre et information judiciaire

S
ouvenons-nous : lors du quinquennat précédent, la gauche n’avait eu de cesse de sonner l’hallali contre Éric Woerth dont l’épouse s’était même vue contrainte de démissionner de son emploi sous la pression médiatique. À ce jour, et à notre connaissance, aucune condamnation n’a pourtant pu être prononcée à son encontre pour justifier d’un tel remue-ménage.
Aujourd’hui, l’Histoire semble se venger en inversant les feux. Mais avec une différence notable : la « droite parlementaire », elle, fait preuve de bien plus de retenue !¢


En effet, le parquet de Paris a décidé hier d'ouvrir une information judiciaire visant Jérôme Cahuzac pour« blanchiment de fraude fiscale ». Le parquet valide ainsi l'ensemble des informations publiées par Mediapart et demande de poursuivre les investigations en Suisse et à Singapour en évoquant des financements venus de laboratoires pharmaceutiques. De son côté, l'Élysée a annoncé que François Hollande avait « mis fin » aux fonctions de son ministre, « à la demande » de celui-ci.

L'ex-ministre du budget a expliqué avoir démissionné "pour le bon fonctionnement" du gouvernement et de la justice. "Cela ne change rien ni à mon innocence ni au caractère calomniateur des accusations lancées contre moi et c'est à le démontrer que je vais désormais consacrer toute mon énergie", souligne-t-il dans un communiqué.

M. Cahuzac, mis en cause dans l'enquête sur un éventuel compte en Suisse, sera remplacé par le ministre délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve, lui-même remplacé par Thierry Repentin, actuel ministre délégué à la formation professionnelle, dont les prérogatives reviendront au ministre du travail, Michel Sapin.

E Réagissant à ce jeu de chaises musicales, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la dernière élection présidentielle, s'est fendu d'un tweet sardonique : « Le ministre de l'Europe est chargé du budget. La laisse est plus courte... »
Avec Le Monde et Mediapart