vendredi 15 mars 2013

14 juin 1830 : Les Français débarquent en Algérois

SPÉCIAL « NON AU 19 MARS ! »
L
e 14 juin 1830, jour anniversaire des batailles de Marengo (1800) et Friedland (1807), les troupes françaises débarquent près d'Alger, à Sidi Ferruch. Objectif de  cette expédition punitive : restaurer le prestige du gouvernement insulté par le dey d’Alger, faire cesser les razzias sur les côtes méditerranéennes et mettre fin à la traite des esclaves par les pirates barbaresques. C'est là que tout commence...
Avec cette expédition en Algérois puis en conquérant un vaste ensemble de terres sans État, sans organisation et sans Nation constituée, la France allait ouvrir une de ses grandes pages d’Histoire et créer l’Algérie.
Routes, écoles, ports, villes, administrations, hôpitaux, fertilisation de terres incultes… tout allait naître des efforts et des sacrifices de ceux qu’on appellerait plus tard les Pieds-Noirs. Toujours dans l’effort, souvent dans les larmes et le sang.¢

CONFLIT DIPLOMATIQUE
La ville et le territoire de l'Algérie actuelle sont alors sous la suzeraineté du sultan d'Istanbul depuis trois siècles sous le nom de «Régence d'Alger» (carte ci-contre). Dans les faits, l'intérieur du pays (l’Algérois) est livré à l'abandon, insoumis et réticent à l'islamisation. Le territoire compte environ trois millions d'habitants (contre 36 millions pour la France de la même époque).

La conquête française, si lourde de conséquences pour la France comme pour l'Algérie, résulte d'un conflit diplomatique.

En 1798, le gouvernement du Directoire achète du blé à la Régence d'Alger pour les besoins de l'expédition du général Bonaparte en Égypte. Le blé est financé par un emprunt de la France auprès de familles juives d'Alger. Celles-ci demandent une garantie du dey qui gouverne la ville.

En 1827, apprenant que l'établissement commercial français de La Calle (aujourd’hui el-Kala) a été fortifié sans son consentement, le dey d'Alger, Hussein, convoque le Consul de France, Pierre Deval (1758-1829), et exige le remboursement immédiat de la dette. Essuyant un vif refus, le dey le frappe alors «du manche de son chasse-mouches».

Le président du ministère français, Villèle, demande réparation au dey pour l'offense faite à son consul mais n'obtient même pas un semblant d'excuse.

UNE AFFAIRE INTÉRIEURE

Deux ans plus tard, confronté à la fronde de certains députés, le roi Charles X éprouve alors le besoin de restaurer au plus vite son image. C'est ainsi que, le 3 mars 1830, dans le discours du trône, il évoque pour la première fois l'idée d'une expédition punitive destinée à obtenir réparation de la dette ainsi qu'à détruire les repaires de pirates installé dans la régence d'Alger, mettant ainsi fin à l'esclavage et aux razzias en méditerranée.

Le comte Louis de Bourmont, ministre de la Guerre dans le gouvernement Polignac, est nommé «Commandant en chef de l'expédition en Afrique».

La flotte appareille de Toulon le 25 mai 1830 avec 453 navires, 83 pièces de siège, 27.000 marins et 37.000 soldats.

PRISE D'ALGER

Les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 km d'Alger. Pendant ce temps, la flotte bombarde les défenses de la ville, en particulier la citadelle de Fort-l’Empereur, ainsi nommée en souvenir de Charles Quint !
Le dey capitule enfin le 5 juillet, après plusieurs jours de difficiles combats contre les troupes turques qui font 415 tués et 2160 blessés dans le corps expéditionnaire. 48 millions de francs prélevés dans son trésor permettent de couvrir les frais de l'expédition.¢