dimanche 20 janvier 2013

Bilan de l’intervention algérienne à Tiguentourine

Trente-deux activistes et 23 otages ont péri lors de la prise d'otages qui a pris fin samedi avec l'intervention des forces spéciales de l'armée dans un complexe gazier du Sahara algérien, ont annoncé les autorités algériennes.
Selon ce bilan du ministère de l'Intérieur diffusé par l'agence de presse officielle APS, 685 travailleurs algériens et 107 expatriés ont été libérés sur le site de Tiguentourine où un "groupe terroriste" venu de pays limitrophes était retranché depuis mercredi matin avec de nombreux otages. Le commando, arrivé à bord de véhicules 4x4, était constitué, selon Alger, de 32 membres de plusieurs nationalités, dont trois Algériens, et était lourdement armé.

Des armes, dont des fusils mitrailleurs, des missiles et des lance-roquettes RPG, ont été récupérées de même qu'un stock de munitions et d'explosifs.
Les forces spéciales de l'armée ont lancé samedi "l'assaut final" contre les djihadistes retranchés sur le site gazier de Tiguentourine.
Auparavant, l'agence avait indiqué que les islamistes avaient exécuté sept autres otages avant d'être abattus.
Après le début de la prise d'otages, l'armée avait lancé un premier assaut jeudi en milieu de journée pour reprendre le contrôle de la "base-vie" d'In Amenas. Des islamistes s'étaient ensuite repliés dans l'usine avec des otages.
Selon plusieurs agences mauritaniennes, citées samedi par l'institut SITE, le chef de file des assaillants était un Nigérien, Abdoul Rahman al Nigeri.
Abdoul Rahman al Nigeri est un proche de Mokhtar Belmokhtar, le cerveau de la prise d'otages, qui ne semblait pas présent personnellement sur le terrain.
"C'est fini maintenant, l'assaut est terminé, les militaires sont à l'intérieur de l'usine et sont en train d'enlever les mines posées par les islamistes".

SITE MINÉ

Les djihadistes liés à Al Qaïda avaient miné les installations de l'usine et l'armée procède actuellement à la neutralisation des explosifs, a confirmé la Sonatrach.
Une source locale avait fait état peu auparavant de la libération de 16 otages étrangers, dont deux Américains, deux Allemands et un Portugais, et une source proche du dossier avait annoncé la découverte sur le site de quinze corps carbonisés, en cours d'identification.
Avant l'assaut final, différentes sources faisaient état de 12 à 30 otages tués. Ce dernier chiffre venait d'une source de la sécurité algérienne, pour qui huit Algériens et au moins sept étrangers figuraient parmi les victimes, dont deux Japonais, deux Britanniques et un Français.
Le département d'État américain a annoncé vendredi la mort d'un otage Américain, Frederick Buttaccio.
Plusieurs pays comme la Grande-Bretagne et le Japon ont exprimé leurs regrets de ne pas avoir été consultés avant que l'armée algérienne ne lance l'assaut. Samedi soir, le Premier ministre britannique, David Cameron, a émis de très fortes craintes quant au sort de cinq Britanniques portés manquants.
À Tulle (Corrèze), le président français François Hollande a déclaré pour sa part que l'Algérie avait eu "les réponses adaptées".
"L'Algérie a eu les réponses adaptées lors de la prise d'otages sur un site gazier car les négociations n'étaient pas possibles, a-t-il dit lors de la traditionnelle cérémonie de vœux aux Corréziens.
Avec Reuters