samedi 23 avril 2016

Le Château de Peyrepertuse en Pays Cathare

PATRIMOINE DE FRANCE
Quand on connait le patrimoine français, on l’aime. Et quand on l’aime, on le défend.
Ancré dans les reliefs des Hautes Corbières, Peyrepertuse (Aude) émerge à 800 mètres d’altitude au milieu des garrigues et surplombe le petit village de Duilhac. Du haut du promontoire, la vue embrasse le château voisin de Quéribus, distant d’environ 5 kilomètres.

UN PEU D’HISTOIRE…

Le site de Peyrepertuse a été occupé à l’époque romaine, dès les débuts du 1er siècle avant J.C.

Faisant partie de la Marche d’Espagne, la première mention du château date de 1020, à une époque où le « Pérapertusès » était dans la mouvance des comtes catalans de Besalù. Par la suite, Peyrepertuse eut comme suzerain les comtes de Barcelone puis, vers le milieu du XIIème siècle, les rois d’Aragon.

Blason de Guillaume
de Peyrepertuse
Au cours de la croisade contre les Albigeois, Guillaume de Peyrepertuse, ne voulant pas faire sa soumission, est excommunié en 1224. Après l’échec du siège de Carcassonne, Guillaume se soumet et le château devient possession française en 1240.

En 1258, le Traité de Corbeil allait fixer, pour quatre siècles, la frontière entre la France et l’Aragon : Peyrepertuse devint alors forteresse royale à la limite Sud de la Couronne. À la fin du XIIIème siècle, elle matérialise une place forte dotée d’exceptionnelles défenses.

Pendant l’hiver 1367-1368, Peyrepertuse est le refuge d’Henri de Trastamare, prétendant au royaume de Castille.

Le Traité des Pyrénées (1659) en éloignant la frontière à son emplacement actuel, diminua l’importance stratégique de ce château. Toutefois, il conserva une petite garnison jusqu’à la Révolution.

En 1950, commencent les premières campagnes de consolidation du monument.

SITUATION

Le château de Peyrepertuse se dresse sur une crête calcaire à près de 800 m d'altitude, au-dessus de la garrigue et des vignes. On y accède en voiture jusqu'à la billetterie puis un sentier ombragé mène jusqu'au château.



Le monument se compose de trois parties :
1. l'enceinte basse et son donjon,
2. l'enceinte médiane,
3. le donjon Sant-Jordi.



Église Sainte-Marie
1. L'enceinte basse, de forme triangulaire, est protégée du côté Nord par une muraille de 120 m de long, flanquée de deux tours de plan semi-circulaire, ouvertes à la gorge, qui a gardé son chemin de ronde formé de larges dalles reposant sur des corbeaux. Le mur Nord se termine par un éperon ou tour triangulaire. Le côté Sud, défendu par l'à-pic de la falaise, est également protégé par le retour de la courtine où l'on peut voir des latrines. Les vestiges d'une construction de plan irrégulier dominent les ruines d'un logement plus tardif. L'angle Nord-Ouest abrite la porte d'entrée.

Le « donjon vieux » est formé de l'église Sainte-Marie et d'un logis. L'église est un édifice roman dont l'abside est voûtée en cul-de-four. La nef, divisée en deux par un mur tardif, était couverte d'une voute en berceau brisé. Le logis, constitué de deux pièces voûtées superposées, se termine par une tour semi-circulaire. Quatre citernes alimentaient le château : l'une dans l'église; l'autre dans le logis et les deux dernières à Sant-Jordi.

Coucher de soleil sur Peyrepertuse
2. L'enceinte médiane est construite sur un plateau incliné vers le Nord. Des ruines de bâtiments sont visibles dont celles d'une importante construction polygonale aux murs défendus par des archères.

Le donjon Sant-Jordi
3. Le donjon Sant-Jordi est accessible par l'escalier dit « de Saint Louis », taillé dans le flanc Nord du rocher. Parmi les pièces du donjon, la chapelle Sant-Jordi (Saint-Georges) à nef unique et abside semi-circulaire arasée.

De ce point de vue, on aperçoit le château voisin de Quéribus et, plus loin, la Tour dei Far de Tautavel, et Força Real en Roussillon. (Source)