lundi 7 mars 2016

Le populisme, c’est la vie ! par Bruno BERTEZ

TRIBUNE LIBRE
La montée du populisme est la manifestation politique, le reflet politique de la crise du système : les partis de gouvernement monopolisent la souveraineté pour mieux l'étouffer et pour tromper les Peuples. Vous êtes en légitime défense.



Mon ennemi, c'est le bipartisme qui permet d'éliminer le Peuple. Je n'ai pas une sympathie particulière pour Trump; cette affirmation n'est pas un dédouanement, je ne m'excuse pas d'être favorable « au populisme ». En son temps, j'ai soutenu Berlusconi, je soutiens tous les populistes, qu'ils soient classés à droite ou à gauche, car leur fonction historique est de faire éclater le bipartisme et les fausses alternances. Ils ont une fonction, la plus belle et la plus noble qui soit: celle de faire resurgir les forces de vie, d'espoir, la spontanéité, le désir de vivre et de reprendre sa vie en mains.

Cette fonction est objective, elle les dépasse, eux et ce qu'ils sont; la preuve, le populisme monte partout ! Ce qu'il faut considérer dans ce mouvement, c'est cela: le mouvement. Comme dit le philosophe, l'important n'est ni que la porte soit ouverte ni qu'elle soit  fermée ; l'important, c'est le mouvement qui permet l'ouverture, la fin de la clôture.


Le populisme, c'est la forme « changement », sans contenu prédéterminé, c'est l'aventure. La reprise de la grande aventure de la vie politique, la réouverture de la Frontière. C'est le refus de l'arrêt de mort de tous ces salauds qui proclament la fin de l'Histoire.


Les populistes et ceux qui votent pour eux sont les équivalents des « terroristes » en politique étrangère. D'ailleurs, on voit la même mobilisation, les mêmes gens, les mêmes lignes de partage.

La fonction des populistes est une fonction historique, progressiste, elle est de dynamiter  le système, de le disloquer, de le fragiliser afin qu'il se réaménage. L'ordre ne sera pas celui des discours populistes;  non, ce sera celui qui se construira lui-même, bottom-up,  une fois que le travail de destruction aura été opéré. Le vote utile, pour ceux qui votent et veulent être entendus, c'est cela, c'est le populisme.

On vous dit que voter populiste est inutile ; non, c'est le contraire: voter droite/gauche est inutile, car chacun mène la même politique, celle qui est dictée par les intérêts particuliers des classes dominantes. Le droite/gauche, c'est l'impasse, c'est le tourniquet qui fait faire du sur-place. Et cela continuera jusqu'à ce que vous n'ayez plus que vos larmes pour pleurer, mais alors il sera trop tard car subrepticement, « ils » prennent le contrôle de tout, y compris celui de votre âme.


La montée du populisme est un moment de l'Histoire moderne, c'est la mise en fusion de forces vives, au sens de forces de vie, qui refusent la mort et la servitude.
Ce bouillonnement soulève le couvercle de la marmite, soulève la plaque de fonte sur ce qu'ils appellent les égouts, mais qui, en réalité, est ce qui véhicule ce qu'il y a de plus clair et naturel: la vie. Et la vie, c'est fait de sang, de larmes et de désirs.


Le populisme a quelque chose de l'ordre du Nietzschéen, de l'ordre du Dionysiaque. Le populisme n'a rien de droite, contrairement à ce que les élites veulent vous faire croire, et aussi contrairement aux analyses fausses de Mélenchon qui n'a rien compris.

Le Mélenchon a peur du Peuple, peur de la vie, il préfère les livres, la glose et le commentaire de textes. Non, le populisme est au travers, au travers tous les découpages, il est le mouvement qui casse les découpages, qui pulvérise les formes anciennes gérées et imposées par les Maîtres.

Ils veulent faire de vous des petits morts, des objets de l'histoire, et le populisme c'est la manière de dire « NON ». Un « NON »  mis sur ce qui ne peut être par définition qu'un mouvement primaire, non élaboré,  puisque nous sommes dans le bouillonnement spontané, non élaboré, non intellectualisé. Non domestiqué. Nous sommes dans le jaillissement de la vie sans conscience d'elle-même.


La montée du populisme est la manifestation politique, le reflet politique de la crise du système: les partis de gouvernement monopolisent la souveraineté pour mieux l'étouffer et pour tromper les Peuples. Vous êtes en légitime défense. Voilà notre constat et il est développé jour après jour, colonne après colonne.


Notre projet est démocratique, authentiquement démocratique, et nous considérons que  seul le Peuple peut faire voler en éclats cette pseudo-démocratie mais réelle tyrannie. Et le Peuple, porteur de cette rébellion ne peut, à ce stade de l'histoire, s'exprimer qu'au travers des populistes, des gens primaires, des gens qui refusent la règle du jeu dominante.

On prend le bélier que l'on a pour défoncer les portes, les outils que l'on peut pour faire voler en éclats les couvercles des cercueils.