dimanche 27 mars 2016

La guerre civile qui vient, de Ivan RIOUFOL

LIVRES
Ivan RIOUFOL : « Le multiculturalisme est le cheval de Troie du totalitarisme islamiste… L’ennemi a pour nom le salafisme : une idéologie islamiste totalitaire comparable, en de nombreux aspects, à ce que furent le communisme ou le nazisme. »



Pierre Cassen
ENTRETIEN - Au Salon du Livre de l’Agrif, Pierre Cassen a rencontré Ivan Rioufol, journaliste au Figaro, auteur de « La guerre civile qui vient ». L’occasion d’un échange fort intéressant, auquel a été rajouté une question sur les attentats de Bruxelles.

Riposte Laïque : Vous venez de publier un livre, que Riposte Laïque a commenté, intitulé « La guerre civile qui vient ». Est-il facile de trouver un éditeur quand on intitule ainsi un livre ?
Ivan Rioufol
Ivan Rioufol : Non, en effet. C’est : « Courage, fuyons ! ». Le seul énoncé du titre a été suffisant pour que les premiers éditeurs sollicités se débinent.  J’avoue n’avoir pas insisté longtemps. D’autant que mon ami Roland Jaccard, qui m’avait édité aux PUF pour « De l’urgence d’être réactionnaire », m’a conseillé l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux, que je connaissais de l’époque des Éditions du Rocher. Je me félicite de cette rencontre avec un homme civilisé, exigeant, libre et courageux. L’espèce est rare.

Riposte Laïque : Quel a été le détonateur pour que vous vous lanciez dans l’écriture de cet ouvrage ?
Ivan Rioufol : Une indignation devant l’aveuglement persistant du discours dominant, face à ce qu’il est pourtant supposé combattre, à savoir le totalitarisme, l’antisémitisme, le racisme.


Je voulais décrire notamment l’imposture des humanitaristes qui ne disent rien de la judéophobie des cités, des haines qui s’y expriment contre les blancs et les Français, du salafiste qui s’enracine au cœur d’une jeunesse désassimilée, qui rejette le modèle démocratique et occidental au profit d’une idéologie islamiste totalitaire comparable, en de nombreux aspects, à ce que furent le communisme ou le nazisme.


Riposte Laïque : Quel accueil cette publication reçoit-elle de la part de vos confrères ?
Ivan Rioufol : Ils appliquent, en tout cas pour l’instant, la stratégie du silence, pour ne pas dire du boycott. Je suis prêt au débat, à la confrontation. Mais, mis à part Le Figaro et Valeurs Actuelles, et aussi les Grandes Gueules de RMC et Ruth Elkrief sur BFM-TV, mon livre n’est pas même mentionné par la confrérie. Il est vrai que je ne lui fais pas de cadeaux, en la décrivant dans mon livre dans son conformisme trouillard et moralisateur.

Riposte Laïque : Vous paraissez, dans vos écrits, faire encore une différence entre islam et islamisme. Contestez-vous cette phrase du poète kabyle Ferhat Mehenni, qui affirme que « l’islam, c’est l’islamisme au repos, et que l’islamisme, c’est l’islam en action » ?
Ivan Rioufol : Mon ami Ferhat Mehenni a raison. Il y a un continuum entre islam et islamisme. Je ne le nie pas. Mais vous ne pouvez pas désigner brutalement comme forcément islamistes, donc comme indésirables, les millions de musulmans de France ou d’Europe. À cette aune, le carnage est assuré. Je maintiens donc cette fragile différence entre islam et islamisme, car je ne désespère pas que l’islam européen puisse se modérer lui-même, se libérer de ses interdits qui le rendent incompatible avec une démocratie libérale occidentale. Je mesure la difficulté, bien sûr. Mais je ne veux pas décourager les musulmans qui tentent, y compris au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), d’élaborer un < contre-discours > s’éloignant de la lecture littérale, violente et altérophobe, du Coran. Il faut se donner les moyens d’éviter cette guerre civile qui vient. Mais l’erreur tragique serait de vouloir l’éviter en renonçant à exiger la soumission de l’islam européen à nos règles et à nos valeurs. C’est malheureusement la pente que prend notre République affaiblie. C’est d’ailleurs pourquoi j’appelle la société civile à faire connaître ses exigences.

Riposte Laïque : Vous avez été longtemps considéré comme proche de l’UMP. Quel est votre regard sur la primaire des Républicains ?
Ivan Rioufol : J’attends de voir… Je me suis toujours tenu volontairement à l’écart des partis et des hommes politiques. Je suis un conservateur libéral qui ne se reconnait pas dans les offres actuelles, même si j’ai en effet défendu, faute de mieux, Nicolas Sarkozy dans son duel face à François Hollande en 2012.


Je souhaite l’union de tous ceux qui ne veulent pas que la France s’abîme davantage dans le mondialisme et l’oubli d’elle-même. Mon candidat sera celui qui s’engagera à proposer un référendum pour clarifier le choix entre une société assimilatrice ou multiculturelle.
Le multiculturalisme est le cheval de Troie du totalitarisme islamiste.


Riposte Laïque : Craignez-vous un prochain attentat islamique et pensez-vous que ce gouvernement fait tout ce qu’il faut pour en limiter les risques ?
Ivan Rioufol : Nous sommes en guerre, à l’extérieur comme à l’intérieur. Si le gouvernement fait montre d’une apparente détermination sur les terrains extérieurs face aux islamistes déchaînés, il a la main qui tremble devant ces mêmes fanatiques qu’abritent aussi les cités françaises, devenues pour beaucoup des contre-sociétés et des bombes en puissance.


Faire la guerre contre un ennemi intérieur oblige à le désigner, lui et ses collaborateurs.  L’ennemi a pour nom le salafisme, et il est soutenu par les Frères musulmans, mais aussi par les organisations qui entretiennent des liens avec ce mouvement qui veut rétablir le califat, par l’extrême gauche qui croit voir dans le musulman le nouveau damné de la terre, et par la complaisance plus générale des belles âmes qui appellent à l’apaisement, cette autre manière de se soumettre.


Riposte Laïque : Quelle est votre réaction après les attentats de Bruxelles ?
Ivan Rioufol : Ce n’est pas en dessinant des cœurs, en décrétant des minutes de silence, en écrasant des larmes ou en allumant de bougies qu’on vaincra ces guerriers qui nous haïssent.
La France doit être impitoyable face à ceux qui ne comprennent que le langage de la puissance et de la force. Ce rôle revient à la République. Si elle devait y renoncer, une partie du Peuple, en légitime défense, pourrait bien prendre les armes…

Propos recueillis par Pierre Cassen