samedi 5 mars 2016

La Grande Forge de Buffon en Bourgogne

PATRIMOINE DE FRANCE
Chef-d’œuvre du patrimoine industriel du XVIIIème siècle, elle fut édifiée par le célèbre naturaliste Georges-Louis Leclerc comte de Buffon. Elle se compose d’un ensemble architectural unique en son genre regroupant la partie domestique et la partie industrielle. Son magnifique escalier permettait aux invités d’assister à la coulée de fonte. Classée monument historique, elle est le témoin du génie scientifique du siècle des Lumières.



La Grande Forge de Buffon a été fondée par le naturaliste Buffon, originaire de Montbard, en 1768. Ces forges ont été conçues pour être une usine efficace et intégrée, réunissant dans un même lieu le Haut Fourneau, l’affinerie et la fenderie, mais aussi les habitations du Maître de Forge et des ouvriers, ainsi que les bâtiments nécessaires à la vie locale.
La Grande Forge de Buffon est l’héritière de la Forge de Fontenay, reconnue comme une des premières usines métallurgiques d’Europe.

LA GRANDE FORGE

Le haut-fourneau

La grande forge est la réalisation du projet sidérurgique du comte de Buffon Georges-Louis LECLERC. C'est en 1768, qu'il décide de mettre à profit ses découvertes et ses expériences sur le fer. La région sidérurgique du montbardois est l'emplacement idéal pour ce projet d'autant plus qu'il est propriétaire des terres de Buffon depuis 1732.



En février 1768, Louis XV accorde au comte les lettres patentes qui lui permettent de créer son usine (à l’emplacement d’un ancien moulin à eau). Les travaux commencèrent, le haut-fourneau fonctionne dès 1769 et le reste des bâtiments sont terminés en 1773.



La conception de l'usine est fidèle à l'esprit novateur des Lumières. On distingue deux parties : un ensemble domestique et un ensemble industriel.

LA VIE DE LA GRANDE FORGE APRÈS BUFFON

La forge d’affinerie

Le comte de Buffon meurt le 16 avril 1788. Cependant, l'activité sidérurgique de la forge perdure jusqu'en 1868 avec des phases d'adaptation à de nouveaux combustibles et à l'évolution des progrès et des moyens de transports.



De 1868 à 1872, la Grande Forge fut convertie en fabrique de chaux et de ciment romain. Cette nouvelle activité industrielle de l’usine, dont la production atteignit près de huit mille tonnes de ciment par an au début du siècle, s’arrêta en 1916.



Classée Monument Historique partiellement en 1943 puis en totalité en 1985, la Grande Forge est également site inscrit depuis le 2 mars 1945.
C’est à partir de 1978 et à l’initiative de sa propriétaire, Madame Taylor-Whitehead que la propriété s’ouvrit au public et que des études scientifiques furent menées par de nombreux chercheurs et spécialistes du patrimoine industriel regroupés au sein de l’« Association pour la sauvegarde et l’Animation des Forges de Buffon ».

LE COMTE DE BUFFON : GEORGES-LOUIS LECLERC

L'inventeur et le créateur de la grande forge est né à Montbard le 7 septembre 1707. Il fait ses études au collège des jésuites des Godrans à Dijon. Il se passionne très vite pour les mathématiques, il lit Euclide, Newton, ... A 16 ans, il s'inscrit à la faculté de droit de Dijon. Il quitte Dijon pour Paris et abandonne le droit au profit des sciences.



Buffon est élu à l'Académie des Sciences en janvier 1734, à l'âge de 27 ans. Il se fait connaître par la traduction de La méthode des fluxions et des suites infinies de Newton.



Le comte de Buffon
Georges-Louis Leclerc
En 1739, il est nommé Intendant du jardin du Roi, une des plus hautes fonctions de la France sous Louis XV. Le jardin royal des herbes médicinales, devenu en 1793 le muséum national d'histoire naturelle, est l’une des plus anciennes institutions scientifiques créées par la monarchie. Le jardin participe à l'évolution contemporaine de la botanique qui cesse d'être une science auxiliaire de la médecine pour devenir une discipline autonome. Buffon agrandit et embellit le jardin du Roi. Il enrichit les collections en y développant l'enseignement et la recherche. Il écrira l'Histoire Naturelle dont les trois premiers volumes ne paraissent qu'en 1749 après 10 ans de travail.
En 1753, il est élu à l'Académie française.



En 1768, il construit les forges et espère s'enrichir. Pendant 10 ans, il fabrique et vend du fer avec énergie grâce aux forges les plus modernes que l'on pût construire. En 1769, il se livre à une série d'expériences sur la fabrication des canons de marine à la demande du ministre de la Marine Choiseul-Praslin et publie ses résultats. Il afferme les forges en 1777.



En 1785, Buffon souffrait de la gravelle ou de « la maladie de la pierre ». Il meurt à Paris le 16 avril 1788. Ses funérailles sont grandioses, plus de 20000 personnes l’accompagnent.