lundi 21 mars 2016

La cour de l'Élysée est un décor de cinéma, par Alain de CHARENTE

TRIBUNE LIBRE
On le savait déjà : la politique gouvernementale c'est du grand guignol, un théâtre de marionnettes avec des registres variés, mêlant comédie burlesque, comédie dramatique, tragédie avec quiproquos,  claquements de portes,  intrigues, trahisons, bref tout le répertoire théâtral habituel.


Mais c'est aussi le septième art, celui du cinéma, la France politicienne dans ce domaine étant parmi les plus performantes du monde.


Nous avons la chance de disposer d'un éventail d'acteurs, de comédiens, tous sexes confondus, certains talentueux, d'autres nettement moins, voire médiocres, certains particulièrement mauvais. Et le dernier remaniement ministériel a dû faire appel à un casting de rêve pour recruter les comédiens qui tourneront le dernier épisode de la série  « Après nous, le déluge », scénario écrit par   François Hollande et mis en scène par Manuel Valls.


Une des dernières recrues de choix qui a rejoint la troupe, sélectionnée pour son physique et son talent d'actrice, sa capacité à jouer n'importe quel rôle, même le plus improbable est une nouvelle « Emmanuelle » mais dans un registre un peu moins érotique, s'agissant du portefeuille du logement certes assez peu propice aux fantasmes sexuels. Cette égérie soi-disant militante écologiste a donc accepté sans trop se faire prier un rôle secondaire de figurant dans cette saga interminable, ce quinquennat qui souhaitons-le, verra le tournage du dernier et ultime épisode de cette pitoyable production plus proche du navet insipide que d'une œuvre nominée au festival de Cannes ou oscarisée à Hollywood.


Ce nouveau ministre féminin verdâtre a donc commencé à répéter son rôle avec zèle et conviction et nous avons pu découvrir ses premiers pas de comédienne Élyséenne à l'occasion de la sortie d'un conseil des ministres où nous l'avons vue toute souriante, prenant son rôle très au sérieux, les bras chargés de nombreux dossiers pour tenter de donner un peu de crédibilité à la scène et la rendre si possible plausible.


Et il est vrai que tenir des chemises de plusieurs couleurs sous le bras pour signifier que les sujets à traiter sont multiples fait plus sérieux et plus professionnel qu'une simple serviette de cuir ou qu'un vulgaire attaché case. Preuve que du côté de la production, on cherche à fignoler le moindre détail pour rendre la scène la plus convaincante possible. Tout miser sur l'illusion, le message subliminal, ça c'est du cinéma.
La destinée du pays est donc confiée à une distribution hétéroclite d'acteurs plus ou moins talentueux (le moins l'emportant sur le plus), où chacun joue un rôle (et pas obligatoirement de composition). Et c'est pourquoi on trouve côte à côte sur la photo de famille prise sur le perron de l'Élysée, le séducteur, le menteur, l'ingénue, le tricheur, l'intrigant, la garce, le traître, le benêt, l'arriviste...


Bref, un éventail très large de personnages hauts en couleur pour certains (sans aucune connotation raciste), ternes pour d'autres pour cette super production titrée « Moi Président » qui espérons-le, ne sera pas suivi d'un nouvel opus à l'instar des Rocky, Allien et autres Harry Potter.


Parmi les chef-d’œuvre cinématographiques de réputation mondiale figure « Le Jour le plus long », magnifique réalisation de Darryl F..Zanuck qui restera dans les annales comme étant un film à grand spectacle de guerre et d'action, avec la participation de nombreux acteurs prestigieux, ce qui ne sera pas le cas du vaudeville pathétique « Le Mandat le plus long » : une réalisation fade, sans panache, sans relief, avec une distribution d'acteurs amateurs sans réel talent, mais qui hélas laissera une trace indélébile, celle de cinq années inutilement perdues avec des séquelles longues à cicatriser sous réserve qu'elles soient irréversibles.