mercredi 30 mars 2016

Jacques Myard : « Les Européens doivent cesser d'être naïfs. »

POLITIQUE
Les attentats terroristes de Bruxelles ont bouleversé le monde entier. Les chefs d'État et de gouvernement de nombreux pays ont adressé leurs condoléances au peuple belge et à ses dirigeants.


L'agence Sputnik a demandé à Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte (Yvelines) et membre du parti politique Les Républicains, de faire part de ses réflexions au sujet de la situation en Europe suite aux attaques de Bruxelles.


« Malheureusement je ne suis pas surpris et les Français ne peuvent pas être surpris, car nous savons pertinemment qu'il y a une multitude de réseaux dormants qui sont en Europe: en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en France, un peu partout », a déclaré Jacques Myard, ajoutant que les attaques perpétrées dans la capitale belge étaient « la réponse immédiate aux arrestations d'Abdeslam à Bruxelles ».


LES EUROPÉENS DOIVENT CESSER D'ÊTRE NAÏFS


« Nous sommes dans un processus de guerre asymétrique avec des terroristes fanatiques qui, bien sûr, emploient tous les moyens et veulent abattre les démocraties. Ils ne les abattront pas, mais ils feront des morts et cela ne fait que commencer. Nous sommes naïfs car depuis des années nous avons cru dans une totale circulation en Europe et depuis des années, personnellement, je dénonce Schengen qui n'est pas à la hauteur des enjeux. On a confondu la totale liberté de circulation avec l'absence de contrôle. Nous sommes naïfs et laxistes, car malheureusement en France, en Belgique et sans doute ailleurs les armes sont pratiquement en vente libre et les contrôles ne sont pas effectués », a indiqué Jacques Myard.


Jacques MYARD
Il estime que depuis la guerre des Balkans, les Européens ont laissé entrer une multitude d'armes de guerre sans prendre les mesures nécessaires pour lutter contre ces trafics illicites.

« Nous sommes aussi naïfs et assez irresponsables lorsque, pour ce qui est de la France, nous n'avons pas établi des coopérations de sécurité avec le régime de Damas parce que, paraît-il, idéologiquement il n'était pas fréquentable », a souligné l'interlocuteur de l'agence.


« Mais ce n’est pas le régime de Damas qui pose des bombes à Paris ou à Bruxelles, c'est l'État islamique. Donc, nous payons malheureusement toute une série de fautes. Aujourd'hui, il est temps de réagir. Les terroristes ne vont pas abattre les démocraties. Les terroristes ne vont pas tuer la liberté. Mais nous devons appliquer le vieux slogan: pas de liberté pour les ennemis de la liberté », a indiqué le responsable français.


Selon lui, il est indispensable d'adopter des règles extrêmement strictes pour les trafics d'armes et de condamner lourdement les personnes dérogeant aux lois réglementant le port d'armes.

À la question de savoir ce qu'il fallait faire au niveau européen — et notamment français — pour combattre les terroristes, Jacques Myard a répondu qu'il serait bon de mettre en place des contrôles aériens, mais aussi des contrôles aux frontières.


« Il faut coopérer avec la Russie comme nous coopérons avec les États-Unis en matière de lutte contre le terrorisme. Le terrorisme est l'ennemi de tout le monde. Donc, nous devons être fermes à ce titre et ne pas nous tromper d'ennemi. L'ennemi, c'est aujourd'hui l'Etat islamique et les fanatiques », a conclu Jacques Myard.


IL S'AGIT D'ÉLIMINER TOUS CEUX QUI SOUTIENNENT L’EI

Thierry MARIANI
L'agence Sputnik a posé les mêmes questions à Thierry Mariani, député des Français de l'étranger et chef de la Droite populaire au sein du parti Les Républicains.

« En ce moment, on pense avant tout à nos amis belges, et je crois que chaque Français se sent solidaire du drame qui frappe les Belges. Ensuite, c'est une fois de plus une illustration que le terrorisme n'a pas de frontières, qu'il faut une action au niveau de l'ensemble des polices et des services de renseignement européens », a affirmé Thierry Mariani.

Il est persuadé qu'il faut combattre les terroristes « sans aucune pitié, parce que ces gens-là sont aujourd'hui des barbares, ils viennent de le montrer une fois de plus ».

Selon le parlementaire, une coopération sans faille entre tous les services de renseignement est aujourd'hui indispensable pour lutter contre les terroristes.

« Il nous faut une justice qui a des moyens renforcés en termes d'éléments d'investigation, en termes de moyens de police qui peuvent être mis sur les enquêtes. Et puis surtout, je pense aussi qu'il faut une politique étrangère qui soit cohérente. La priorité doit être donnée au Moyen-Orient. Il s'agit avant tout d'éliminer tous ceux qui d'une manière ou d'une autre soutiennent Daech », a conclu le député français.