samedi 20 février 2016

Arrêté d'expulsion de la jungle : un nouvel enfumage

IMMIGRATION
La préfecture du Pas-de-Calais a pris vendredi un arrêté d'expulsion des migrants de la zone sud du bidonville situé à la sortie de Calais, en dépit de l'appel de huit associations demandant au gouvernement de reporter son projet. Cet arrêté laisse aux migrants jusqu'au 23 février pour quitter les lieux et précise que les forces de l'ordre procéderont à partir du 24 février à une évacuation progressive. D’accord, mais pour aller où ?... et pourquoi seulement la « zone sud » ?... Encore un enfumage du gouvernement !



Pour les associations, « le démantèlement de la moitié de la jungle de Calais ne ferait qu'ajouter des tensions aux tensions, et fragiliserait encore un peu plus les migrants vivant dans le camp de fortune ».
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, leur a répondu par courrier que cette évacuation devait être menée à bien, mais « de façon progressive et dans le respect des personnes ». Mais a-t-il seulement évoqué le respect élémentaire dû aux Calaisiens ?
Interrogé à ce sujet sur France Inter, François Hollande a souligné que l'objectif des pouvoirs publics était de faire en sorte qu'il y ait de moins de personnes qui puissent y être. « Nous allons continuer à faire des travaux pour que les personnes puissent être accueillies dignement », a-t-il dit. Toujours pas un mot sur les Calaisiens !
Fabienne Buccio, préfet du Pas-de-Calais, avait annoncé il y a une semaine le déplacement d'un millier de migrants de la zone sud du campement vers le Centre d'accueil provisoire (CAP) de Calais et les Centres d'accueil et d'orientation (CAO) en France.

Certains migrants ont accepté –faudrait-il les en remercier ?- de rejoindre le camp d'État mais d'autres sont restés sur place. Pour la préfecture, un nombre insuffisant de migrants a quitté la partie sud destinée à être rasée.
Les autorités entendent à terme réduire à Calais le nombre de migrants à environ 2.000, 1.500 dans un « camp aux normes humanitaires » et 400 dans le centre Jules Ferry d'accueil de nuit pour les femmes et les enfants. Et les SDF Français dans tout ça, ont-ils aussi le droit de bénéficier de ces « normes humanitaires » ?

La préfecture estime que 2.687 migrants ont quitté Calais depuis le 27 octobre pour se rendre dans un CAO.
Environ 4.000 migrants, selon les associations, sont aujourd'hui présents, à la fois dans le camp d'État, dans celui destiné à être rasé et dans le centre d'accueil de nuit pour femmes et enfants. On va pleurer...