vendredi 8 janvier 2016

L'Indonésie interdit l’entrée aux djihadistes chinois

Recherchés sur l'île : les islamistes indonésiens et leur leader Santoso

L
es autorités indonésiennes travaillent avec leurs homologues chinois afin de faire cesser le flux de militants ouïghours cherchant à rejoindre les djihadistes islamistes du pays musulman, a affirmé Saud Usman Nasution, le chef du contre-terrorisme indonésien.n


La déclaration de Saud Usman Nasution intervient dans un contexte de préoccupations croissantes en Indonésie concernant de possibles attaques menées par des sympathisants de l’État islamique et l’arrestation de 13 hommes sur l’île de Java, dont un musulman ouïghour avec une veste explosive destinée à faire un attentat suicide.

L’apparition parmi les réseaux indonésiens de militants ouïghours, qui viennent de la région du Xinjiang dans la région ouest de la Chine, inquiète aussi le pays du soleil levant sur le potentiel retour de ces djihadistes expérimentés et entraînés. Les militants islamistes et séparatistes opèrent dans la riche région du Xinjiang, qui borde l’Asie centrale, où la violence a causé la mort de centaine de personnes ces dernières années.

La correspondante française de l’Obs en Chine, Ursula Gauthier, qui avait notamment remis en cause la qualification de « terroristes » des militants ouïghours ayant massacré une cinquantaine d’ouvriers chinois Han travaillant dans une mine de charbon, a interprété l’acte comme une « explosion de rage » perpétrée pour « probablement venger un abus, une injustice, une expropriation ». Ces arguments sont utilisés par des organisations de défense des droits de l’homme pour justifier les départs des Ouïghours, qui fuiraient l’oppression chinoise mais ne chercherait pas à rejoindre les militants djihadistes. Suite à son article, la journaliste avait été expulsée du pays, qui dément restreindre les droits de cette minorité.

Saud Usman Nasution, qui dirige l’agence du contre-terrorisme, a affirmé dans un entretien donné à l’agence Reuters que « plusieurs Ouïghours avaient répondu à l’appel émis l’année dernière par Santoso, le soutien le plus puissant de l’État islamique en Indonésie, pour rejoindre ses combattants ».« L’État islamique et les trafiquants d’êtres humains les aident à gagner le pays par le Myanmar, la Thaïlande et la Malaisie jusqu’au repaire de Santoso situé dans la jungle équatoriale dans l’Est de l’Indonésie », a-t-il ajouté.n