vendredi 29 janvier 2016

Les Pays-Bas veulent renvoyer automatiquement les clandestins

IMMIGRATION
La Haye, qui vient de prendre la présidence de l’UE, avance une solution radicale à la crise des « migrants » : renvoyer automatiquement vers la Turquie tous ceux qui posent le pied en Grèce, par retour de bateau.



Les Pays-Bas ont pris la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier 2016, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont bien l’intention de la mettre à profit. Le 20 janvier, le Premier ministre Mark Rutte (libéral) a fixé un horizon de six à huit semaines pour introduire « une forte baisse de l’afflux de migrants ». Pour l’aider à s’y tenir, « De Volkskrant » lui a confectionné un petit décompte (jours, heures, minutes et secondes) assorti du visage du ministre et de quelques verbatims comme : « Nous n’avons plus de temps à perdre ».
Ainsi, La Haye a annoncé un plan radical, que De Volkskrantdétaille ce 28 janvier à sa une et résume par ce titre : « Renvoyer les réfugiés en Turquie ». Ce projet va bien au-delà de l’accord européen d’octobre qui prévoit qu’Ankara empêche les migrants de quitter son territoire, en contrepartie d’une aide financière de 3 milliards d’euros, d’une reprise des négociations sur son adhésion à l’UE et d’une facilitation des visas pour les ressortissants turcs qui se rendent dans l’Union.

Cette fois, il ne s’agit plus d’empêcher les migrants de quitter la Turquie, mais d’y renvoyer, automatiquement, tous ceux qui posent le pied en Grèce, « par retour de bateau ». C’est juridiquement possible, d’après La Haye, parce que la Turquie a le statut d’État sûr. En échange, l’Europe accueillerait chaque année 150 000 à 250 000 migrants « légaux » qui séjournent en Turquie, ce qui représenterait, d’après le gouvernement néerlandais, un flux plus ténu et plus gérable. (Une façon de reculer pour mieux sauter. Ndlr)

Comme le relate le journal néerlandais, Mark Rutte planche depuis décembre – avec le président du PvDA (sociaux-démocrates), son partenaire de coalition – sur l’élaboration de ce plan, et il a intensément travaillé avec les autorités autrichiennes, allemandes et suédoises. Il entend constituer un groupe resserré de pays autour de ce projet, qu’il espère mettre en pratique d’ici le mois de mars ou avril.