vendredi 29 janvier 2016

Calais, ville libérée ! par Alain de CHARENTE

TRIBUNE LIBRE
Le « gouvernement » déclare vouloir désengorger la « jungle » de Calais en répartissant les « migrants » dans des zones jusque-là épargnées. Mais fermer un dépotoir pour en ouvrir d'autres ailleurs n'est pas une marque de courage politique mais plutôt une preuve de lâcheté.



Il est fréquent, y compris dans ces colonnes de critiquer l'action  de François Hollande et de son gouvernement mais, si l'on veut faire preuve d'objectivité, il est cependant une action particulièrement positive qu'il faut saluer et mettre au crédit de l'exécutif car nous venons d'apprendre que le problème des migrants de Calais est en passe d'être réglé.

Du moins localement car Manuel Valls vient de prendre une mesure de nature à soulager la population sinistrée de cette ville, celle qui consiste non pas à ouvrir la porte vers l'Eldorado  outre-manche en levant cette intolérable atteinte à la légitime quête de bonheur de ces malheureux persécutés qui rêvent d'une vie meilleure, même et surtout chez le mécréant, mais en intensifiant « l'essaimage, le saupoudrage » de ces exilés partout ailleurs sur le territoire national, sauf sans doute en Corse. Pour désengorger cette ville martyre devenue une « jungle », terme donné par les médias, y compris ceux complices de la situation. Définition qui atteste et qui confirme que cette zone est bien infestée de bêtes sauvages.

La situation devrait donc s'améliorer très vite à Calais au grand soulagement de la population locale, mais sans doute va-t-on constater en vrai grandeur le principe des vases communicants puisque la dite « jungle » résorbée dans le Pas de Calais va se reconstituer plus loin, y compris dans les endroits les plus reculés de l'hexagone jusqu'alors épargnés et préservés.

Il s'agit donc sans doute d'un effet de manche du premier ministre destiné à faire retomber une pression devenue si forte que l'explosion de la soupape de sécurité est imminente. Tout en donnant un gage de bonne volonté en direction du nouveau président de région qui n'est pas un farouche adversaire mais un véritable ami, un envoi d'ascenseur en prévision d'un retour d'amabilité escompté qui pourrait s'avérer nécessaire pour la présidentielle de 2017 puisque le front « ripoublicain » est toujours en vigueur comme on a pu le vérifier lors des dernières élections régionales.

Alors certes un grand merci de la part des Calaisiens en direction du gouvernement mais un satisfecit qui ne sera sans doute pas partagé par l'ensemble de la population car fermer un dépotoir pour en ouvrir d'autres ailleurs n'est pas une marque de courage politique mais plutôt une preuve de lâcheté.

Un grand bravo et merci également à Nicolas Sarkozy qui en fermant le centre de rétention de Sangatte aura permis le développement de cette jungle urbaine qui n'a absolument rien à envier aux favelas de Rio de Janeiro.