lundi 14 décembre 2015

Pour nous, l'Histoire de France et l'Histoire napoléonienne ne seront jamais une option

Éditorial de Victor-André MASSÉNA, prince d'Essling, Président de la Fondation Napoléon (Lettre d'information de « napoleon.org » n° 782, 11-17 décembre 2015)

L
a cérémonie de remise de nos prix et bourses a eu lieu, le 9 décembre, dans le cadre magnifique de l'Hôtel de Beauharnais, résidence de l'ambassadeur d'Allemagne, aujourd'hui Son Excellence Monsieur Nikolaus Meyer-Landrut. Il vous en est rendu compte dans cette lettre.
Cette cérémonie marque traditionnellement la fin de l'année d'activité de la Fondation Napoléon et, non moins traditionnellement, j'informe le public présent de nos projets pour l'année suivante. Je l'ai donc fait mais, je l'avoue, si le cœur y était, j'ai eu aussi la tête ailleurs.n


2015 a en effet commencé et se termine dans une ambiance lourde et dramatique, avec les attentats islamistes de janvier et de novembre. En ce soir du 9 décembre, malgré notre plaisir d'accueillir et d'honorer nos lauréats, qui l'avaient bien mérité, les pensées de tous allaient aussi à toutes les victimes de ces actes odieux.

Depuis des mois, chacun d'entre nous se demande ce qu'il peut faire pour lutter contre les fauteurs de mort, ici et ailleurs. Chacun se demande ce qu'il peut faire pour son Pays, pour sa Patrie, dans le cadre de cette lutte, que nous savons aujourd'hui « à mort », contre les assassins, leurs commanditaires et les idées qui les animent. À leur place, sans surestimer leur pouvoir d'agir, mais fermement, les femmes et les hommes de la Fondation Napoléon y pensent aussi.

Outre notre mission de citoyens, outre nos engagements individuels, nous tenons à être collectivement des acteurs vigilants de la contre-offensive que la France doit à ses morts comme à ses vivants. Pour cela, nous devons, avec une ferveur renouvelée, remplir la mission qui est statutairement la nôtre : faire connaître notre Histoire et expliquer en quoi elle constitue une grande part de nos racines.

Rien ne se fera, nous le croyons, sans revoir, réorganiser et recentrer ce qui est la priorité des priorités, non pour un long terme toujours promis et jamais atteint, mais pour aujourd'hui même : l'École, l'École pour tous les âges, l'École pour tous les citoyens, avec l'apprentissage méthodique et ordonné de ce qui fonde notre Nation. Car dans ce qui la fonde, l'Histoire est à la première place.

Entre janvier et novembre, nous avons eu hélas l'occasion de constater que cette priorité n'était pas partagée par ceux qui fixent les programmes scolaires. Sans bruit, nous avons nous aussi combattu la première mouture sortie des crânes déconnectés du Comité national des programmes, qui plaçait et place encore largement l'Histoire de France parmi les options. Nous n'avons pas été rassurés par les propos lénifiants et les fausses promesses qui ont suivi cet hallucinant débat, en mai et juin.

C'est pourquoi nous déclarons ici que, parce que l'Histoire de France et l'Histoire napoléonienne ne seront jamais pour nous une option, nous allons encore en faire plus, pour élargir notre action, la rendre sensible et intéressante aux publics plus jeunes, sans rien abandonner pour les autres générations.n