vendredi 18 décembre 2015

Le PS trafique les règles de la présidentielle – par Marc NOÉ


T
ripatouillage électoral. Nous vivons sous un régime de plus en plus totalitaire. Les députés ont adopté mercredi deux propositions de loi socialistes qui modifient une nouvelle fois les règles applicables à l'élection présidentielle. Notamment à propos des parrainages et de l'accès aux médias audiovisuels.
Très loin de faire l’unanimité, ces textes de loi organique ont rencontré l’opposition des députés de droite, du centre et même de certains à gauche. Principalement en cause, l'instauration d'un «principe d'équité», notion plus que floue et élastique, au lieu du «principe d'égalité» des temps de parole réservés aux candidats. Minoritaire dans le Pays, le PS continue de museler tout ce qui n’est pas… lui !n


Alors, de quoi s’agit-il ?...

1°) Réformer la collecte des parrainages : ceux-ci devront être désormais directement adressés au Conseil constitutionnel par les élus signataires et non plus collectés par les équipes de candidat. Le problème est que, à cause de cette disposition, les candidats auront beaucoup plus de mal à savoir où ils en sont dans le décompte de leurs parrainages. Surtout les candidats des petites formations.

2°) Modifier la publicité des parrainages : tous les parrainages déposés, et non plus seulement 500 tirés au sort, seront rendus publics au nom du principe d'égalité des élus signataires. Dans l’absolu, c’est compréhensible mais imaginez un peu la pression qui sera exercée sur ces mêmes élus en fonction de leur choix.

3°) Changer les règles du temps de parole : « la règle d'égalité du temps de parole », qui oblige les médias à accorder la même place à tous les candidats, est remplacée  par « un principe d’équité » (sic !) défini comme étant une proportionnalité établie notamment en fonction des intentions de vote, c’est-à-dire des sondages !... Ce point particulier fait hurler à juste titre les petites formations qui se trouvent ainsi outrageusement lésées. Cette disposition s’appliquera pendant la période dite « intermédiaire » qui s’étend de la publication de la liste des candidats jusqu’à la veille de la campagne officielle.

4°) Repousser la fermeture des bureaux de vote : les bureaux de vote qui fermaient jusqu'ici à 18h fermeront à 19h tandis que les grandes villes continueront à voter jusqu'à 20h. L’objectif étant de limiter le phénomène « Radio-Londres », c'est à dire la divulgation prématurée sur Internet des résultats calculés sur la base des premiers bulletins dépouillés. Une mesure complètement neutre qui permet de noyer celle qui précède…

5°) Réduire la période de comptabilisation des dépenses : seuls les six mois de campagne précédant l’élection (au lieu d’une année) seront désormais comptabilisés par la Commission nationale des comptes de campagne. Ce qui permettra à certains candidats de ne pas intégrer leurs dépenses liées aux primaires. Devinez lesquels…

De toute évidence, ces propositions ne vont pas faciliter la tâche des petits candidats qui ont déjà toutes les peines du monde à trouver leurs parrainages et, une fois qualifiés pour le premier tour, à accéder aux grands médias.

Scandalisé par ces propositions, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député-Maire de Yerres (Essonne), a vivement réagi : « Par quatre dispositions scélérates au moins, ces deux lois dénaturent en effet l'équilibre fragile et impératif de cette élection, compromis historique qui a mis un terme à un siècle et demi de déchirements politiques, parfois fratricides et sanglants ».

Le Sénat, où la droite est majoritaire, examinera ces deux textes en janvier ou février dans le cadre de la « navette parlementaire ». Mais, de retour à l’Assemblée, ce sera celle-ci qui aura le dernier mot.

Ces nouvelles dispositions ne sont pas le fruit du hasard. N’oublions pas le fil directeur des euro-mondialistes : selon eux, l’«État-Nation France» est appelé à disparaitre. Il faut donc tendre vers l’uniformisation et le gommage de toute expression particulière. Ce qui passe notamment par la tentative de décourager les candidatures jugées gênantes. Ou, tout au moins, de les rendre difficiles. Les modalités de financement des campagnes progressivement adoptées depuis une vingtaine d’années font d’ailleurs partie de cet « arsenal de découragement ». Et ça marche puisque, pour des raisons financières, il est de plus en plus difficile à des petits candidats de se présenter y compris à des élections locales. Et on continue d’appeler ça « Démocratie » !...n

Marc NOÉ
Ancien Maire-Conseiller Général de Seine-et-Marne
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