lundi 14 décembre 2015

Fausse défaite ou vraie victoire ? par Marc NOÉ


L
a déception a été grande pour les Patriotes au soir de ce 13 décembre. Malgré un premier tour qui a, une nouvelle fois, sacré « le FN premier parti de France » celui-ci n’accède cependant à aucun exécutif régional. Le coup peut paraitre rude mais, une fois la colère et la déception passées, rien ne doit porter au désespoir ou à un fatalisme défaitiste. Bien au contraire, ce n’est que partie remise. Alors : fausse défaite ou vraie victoire pour qui ?...n


Quelques enseignement sont à tirer de cette dernière élection avant la Présidentielle de 2017.

1. Tout le monde s’accorde aujourd’hui à reconnaitre que le FN est désormais la première formation politique du Pays. Le fait est devenu indéniable.

2. Le FN a encore augmenté son score national de 800 000 voix entre les deux tours. Ce qui ne s’était jamais produit auparavant. Preuve que l’argument consistant à parler de « vote de colère » ne tient plus. Il s’agit donc bien d’un « vote d’adhésion ».

3. Cette ancrage du FN dans l’électorat s’inscrit dans une progression solide et régulière depuis plusieurs années. Principalement depuis la présidence de Marine Le Pen.

4. Le FN dispose maintenant de plusieurs centaines de Conseillers régionaux qui, en plus de leur intervention au sein des Assemblées, permettront à Marine d’avoir sans aucun problème les parrainages nécessaires pour la prochaine Présidentielle. À ce sujet, il conviendra toutefois de rester vigilant car certains tenants de l’UMPS –ou l’Herpès- ont déjà émis l’hypothèse d’un relèvement du nombre de parrainages.

5. Tous les « observateurs » en conviennent : le FN serait aujourd’hui à la tête de plusieurs régions s’il n’y avait pas eu cette fameuse « réforme territoriale » voulue par Bruxelles. Une réforme salvatrice pour l’UMPS. En effet, avec l’ancien découpage, le FN serait arrivé premier dans 13 régions sur 22 au lieu de 6 sur 13 avec le nouveau.
À ce sujet, souvenons-nous aussi que le premier tripatouillage du système électoral régional date de l’époque Chirac-Jospin, après les régionales de 1998 qui avait vu l’élection de plusieurs Présidents de régions (RPR-UDF-PR) avec les voix des Conseillers FN. À la suite de ces élections, Chirac avait alors contraint ces présidents à démissionner. Ce qui avait eu pour conséquence immédiate de faire élire des présidents socialistes. Ce fut le cas notamment en Île-de-France et en PACA. La véritable proportionnelle à un tour avait ensuite été transformée en fausse proportionnelle à deux tours, ré-instituant par là même le principe majoritaire. Tout cela, dans l’unique but de barrer la route au FN. Déjà !... Désorienté par un enfumage permanent (la COP21 en est un exemple), l’électeur a souvent tendance à avoir la mémoire courte. C’est pourquoi il est bon de faire régulièrement des piqures de rappel.

6. À droite comme à gauche, même s’ils ont réussi à sauver les meubles au terme d’une campagne calomnieuse et mensongère, l’heure n’est donc pas aux cris de victoire. Tout le monde aura bien compris que des gens comme Estrosi ou Bertrand n’ont été élus que grâce aux voix de gauche, alors qu’ils ne pèsent que 25-26%.

7. Le « front républicain » aura donc bien fonctionné et le PS n’a pas été le seul à y participer. Nous avons aussi assisté à un « front républicain » qui ne dit pas son nom. En effet, que se serait-il passé en « Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon » si, arrivés en troisième position, « les Républicains » avaient retiré leur liste ?... alors que le PS a, au contraire, pleinement profité de son maintien. Il y a fort à parier que la majeure partie de l’électorat de droite se serait reportée sur Louis Aliot. Ce qui aurait passablement compliqué la tâche du PS. Comme quoi, dans certaines circonstances, il vaut mieux se maintenir pour préserver son allié objectif. En l’occurrence, le PS peut dire merci aux Républicains. Le « front républicain », ce n’est pas forcément le désistement : c’est parfois le maintien.

8. Que certains, à droite comme à gauche, s’en défendent, nous assistons désormais aux prémices d’une re-bipolarisation de notre vie politique. L’ancien clivage droite-gauche est aujourd’hui caduc, même si des gens comme Sarkozy tentent désespérément de le maintenir artificiellement en vie à grands coups de déclarations pompeuses et hypocrites.
Progressivement, cette re-bipolarisation a tendance à recouvrir à peu près le « front républicain » qui n’a d’ailleurs de républicain que le nom. Des gens comme Raffarin, Juppé, Bayrou, Lagarde, Valls, Macron et bien d’autres évoquent de plus en plus fréquemment le rapprochement de leurs formations respectives. Leurs différences tendent continuellement à s’estomper pour ne plus constituer qu’un socle européiste et mondialiste commun. Et c’est là, précisément que se dessine la prochaine ligne de démarcation : d’une part, et même si ce ne sont pas leurs mots, ceux qui veulent voir notre Pays dilué dans un vaste magma international et sans frontières livré aux vents des marchés ; d’autre part ceux qui persistent à croire en la France en tant que Nation libre et souveraine. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Ce nouveau clivage remonte au Traité de Maastricht et s’est fortement accru depuis 2005, lors du référendum où le Peuple français refusa la Constitution européiste. D’un côté les internationalistes, de l’autre les Nationaux.
Dans un avenir très proche, il faut donc nous attendre à des changements lumineux et des rapprochements alambiqués  de la part de l’actuel personnel « politique ». Les ambitions égoïstes, les carrières usurpées, les mensonges et les hypocrisies en seront, comme d’habitude, les moteurs essentiels.

Mais de cela, les électeurs en ont de plus en plus conscience. Et leur nombre ne fait qu’augmenter. Alors, même si le temps presse, ne serait-ce que pour des raisons démographiques, rien n’est encore perdu. Le grand basculement national tant redouté par l’UMPS est en marche. Il ne tient qu’à notre persévérance et à notre détermination de le concrétiser.n

Marc Noé
Ancien Maire-Conseiller Général de Seine-et-Marne