mercredi 20 novembre 2013

Les bonnets rouges contre le fiscalisme de la gauche, par Jean-Luc TARI



L
a révolte des bonnets rouges contre l’écotaxe sur les poids lourds est l’expression d’un ras le bol contre le fiscalisme de la gauche. Après avoir copieusement augmenté les prélèvements obligatoires depuis le début du quinquennat, le pouvoir socialiste est toujours  en quête de rentrées fiscales.
L’écotaxe, bien que décidée par le précédent gouvernement, a donc été mise en œuvre par le gouvernement. Cette taxation ne concernant que les poids lourds aurait dû passer sans problème. Mais c’était sans compter sur la tradition frondeuse de la Bretagne qui s’était déjà soulevée contre les taxations sous Louis XIV. Les oligarques socialistes veulent faire croire que le bonheur est dans l’écotaxe alors que les Bretons expriment leur exaspération contre le matraquage fiscal dont ils sont victimes. Le pays réel inflige un démenti cinglant aux prétentions des apparatchiks socialo-écolo-bobos.¢

La situation est cocasse car le pouvoir communiquait sur le thème de la « pause fiscale » avant que les manifestations anti-taxes n’éclatent. La seule pause indentifiable dans le budget 2014 concerne la contribution climat-énergie (CCE) qui introduit une nouvelle taxe sur les carburants, proportionnelle à leurs émissions de CO2. La CCE n'aura pas d'effet en 2014 sur le prix des carburants car son entrée en vigueur est compensée par une baisse correspondante de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Mais la CCE se fera sentir à la pompe à partir de 2015 car son taux augmentera en 2015 et en 2016. Cette nouvelle taxe impactera plus fortement les possesseurs de voitures diesel que les autres car la combustion d'un litre de gazole émet en moyenne 11% de CO2 de plus que celle d'un litre d'essence. Ainsi le gouvernement a rusé avec les écologistes et il a réussi à créer une taxation indolore la première année. Mais il risque de provoquer une révolte des automobilistes à partir de 2015.

Par ailleurs, la pression fiscale continue de croître. De nombreux foyers vont être assujettis à l’impôt sur le revenu pour la première fois cette année : ils seront  840 000 de plus par rapport à l’année précédente. Cette hausse est en partie due à l’absence de réévaluation du seuil minimal d’imposition, normalement votée pour tenir compte de l’inflation. Le même mécanisme jouera en 2014. La hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10% sera effective en 2014. Un mensonge du pouvoir socialiste est ainsi mis en évidence : la promesse de faire payer les riches est une illusion. La hausse de la TVA touche tous les consommateurs et les nouveaux foyers assujettis à l’impôt sur le revenu sont les plus modestes.

Le gouvernement a annoncé 15 milliards d’économie sur le budget 2014 pour 3 milliards de recettes supplémentaires. Cette présentation laisse croire que les dépenses publiques vont diminuer de 12 milliards. Toutefois le budget est calculé sur la base d’une évolution prévisionnelle des dépenses. Elles auraient dû structurellement augmenter de 20 milliards en 2014. Le gouvernement a décidé de se passer de 15 milliards de dépenses, donc elles augmenteront en réalité de 5 milliards.

Le pouvoir socialiste en est réduit à maquiller les chiffres et à monter des plans de communication pour faire croire qu’il maîtrise le budget. Mais sa maîtrise concerne surtout l’art de la propagande. La désinformation est le dernier atout d’un gouvernement aux abois. Les écologistes fournissent des prétextes pour la création de nouvelles taxes qui sont mises en œuvre par un gouvernement qui cherche à combler les déficits par une hausse des prélèvements obligatoires, car il est incapable de réduire les dépenses publiques.¢