mardi 27 août 2013

Hommage à Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant, déporté, soldat, putschiste


« Le dernier à entrer dans la rébellion et le dernier à en sortir. »
Pierre Sergent (Je ne regrette rien)
H
élie Denoix de Saint-Marc s’est éteint à l’âge de 91 ans à La Garde-Adhémar, dans la Drôme. Il était l’un des derniers survivants du réseau de Résistance Jade-Amicol et le dernier survivant du Putsch des Généraux en avril 1961.
Entre résistance, déportation, combat en Indochine et en Algérie, engagement en faveur de l’Algérie française et artisan du « Putsch des Généraux », il aura été de tous les combats patriotiques du siècle dernier.
L’ancien Légionnaire est ici raconté par deux anciens officiers qui ont servi sous ses ordres : Jean-Marie Le Pen et Jacques Peyrat.
« C’est un grand soldat », raconte Jean-Marie le Pen, « un homme de grande qualité morale qui a suivi sa conscience ». Lorsqu’on demande au président d’honneur du Front national ce qu’il pense de la promotion d’Hélie de Saint-Marc dans l’ordre de la Légion d’Honneur, il déclare : « il y a bien longtemps qu’un homme comme lui aurait dû être élevé à ce rang. ». Quand on lui demande quels liens les unissaient, l’ancien candidat à l’élection présidentielle répond : « Il était mon commandant de compagnie en Indochine, à Suez et en Algérie. Il occupait l’échelon hiérarchique au-dessus de moi. Par conséquent, je le connaissais bien ». Ce qu’il retient du personnage ? « Un chef très humain qui avait une expérience humaine importante, un homme remarquable ».¢

Pour Jacques Peyrat, ancien maire de Nice et également sous-lieutenant, au 1er Bataillon Etranger de Parachutistes, Hélie Denoix de Saint-Marc semble avoir beaucoup compté. C’était un« excellent » commandant, si l’on en croit l’ancien premier magistrat de la ville de Nice. Ce dernier nous affirme qu’il a servi avec « un immense bonheur » sous ses ordres. Il parle de l’ancien commandant en second du 1er REP comme d’« un homme calme qui avait une autorité naturelle considérable. Un homme dont on ne discutait pas les ordres. Derrière la rudesse nécessaire de l’officier, il se cachait un homme d’une profonde sensibilité ». Jacques Peyrat nous confie d’ailleurs que le commandant de Saint-Marc est l’un des trois hommes qui ont le plus compté dans sa vie avec Jean Médecin (ancien maire de Nice) et son père.

À ce stade de la conversation, l’ancien sous-lieutenant du 1er BEP se remémore l’épreuve du feu qu’il a connu avec celui qui était alors son capitaine : « Nous avons crapahuté dans les rizières, nous avons été accrochés par les Viêts à plusieurs reprises, nous avons lancé des assauts ensemble ». Pour son ancien compagnon d’arme, Hélie de Saint-Marc avait toutes les qualités du chef. Courageux « par essence, parce qu’à la Légion c’est indispensable », il avait en plus « la lucidité qu’on demande à un chef qui va au bout de sa mission sans mettre inutilement en péril la vie de ses hommes ». Quelque chose distingue Saint-Marc des autres officiers, selon l’édile niçois : en plus d’être « l’officier type de Saint-Cyr », il avait « une conscience remarquable ». « Pour l’Honneur », il a pris « lui, homme de discipline », la décision de rebeller le 1er REP. Jacques Peyrat tient à rappeler l’attitude d’Hélie de Saint-Marc devant le président du tribunal (qui l’a condamné) : « Au garde-à-vous, il a salué, jeté ses décorations et déclaré : « Il n’est permis à aucun homme de se parjurer », c’est beau… ».

L’ancien avocat d’Albert Spaggiari évoque celui qui fut son supérieur comme « un homme extraordinaire » qui a su « conserver les mêmes idées en restant à l’écart de toute agitation politique.

Un authentique héros qui, pour sauver l’honneur des Troupes Aéroportées, a refusé la soumission au Général De Gaulle, comme il avait refusé la soumission au Maréchal Pétain 20 ans plus tôt ».¢
Avec Nouvelles de France