mercredi 24 juillet 2013

Le meilleur des mondes socialiste, par Christian VANNESTE


Q
ue le gouvernement que l’on combat dans l’opposition suscite de la contestation, de la réprobation même n’a rien d’étonnant. Ce qui étonne aujourd’hui, c’est le mépris, le dégoût qui germent chez beaucoup lorsqu’ils constatent avec effarement par qui ils ont « dirigés ».
C’est un insupportable mélange d’incompétence satisfaite, de transgression arrogante, de déni constant des valeurs publiques et privées qui suscite de plus en plus le sentiment que ces gens n’ont rien à faire là où ils sont. Certes, l’idée que la vie privée des personnages publics devrait être exemplaire est devenue bien ringarde. Certes l’entourage familial ou sentimental n’a pas à intervenir dans le jugement que l’on porte sur un responsable politique. Certes l’incohérence des comportements privés et des affichages publics se situe au-delà de la politique, mais devant l’accumulation actuelle, il faut vraiment que les Français soient blasés pour ne pas manifester leur révolte autrement que par quelques sifflets et des regards hostiles à l’encontre du locataire de l’Élysée.¢


Le « compagnon » d’une ministre prétendument « catholique » et véritablement gauchiste insulte l’Armée un 14 Juillet. Un fils à papa est accusé de détournement d’argent. La garde des sceaux sous l’égide de laquelle règne une justice à deux vitesses se permet de prendre de haut la Commission d’Enquête Parlementaire sur l’affaire Cahuzac. Son complice, le ministre de l’intérieur continue à manipuler l’opinion, minimisant les actes des uns, au Trocadero, au Tricastin et à Brétigny-sur-Orge et portant par ailleurs systématiquement atteinte aux libertés d’expression, de manifestation et même de circulation des citoyens.

L’indignité et l’outrecuidance des détenteurs du pouvoir font jaillir un « Pas eux, pas çà » que l’on sent monter comme une vague. Le curieux tandem présidentiel affiche en permanence l’idée que le mariage pour tous est surtout une institution à ce point inutile et désuète qu’on peut s’en passer, et notamment lorsque l’intérêt financier et fiscal y trouve son compte.

Non seulement le pouvoir a perdu sa légitimité morale, mais il avance dans un seul domaine, celui de la transgression. On peut imaginer qu’un gouvernement dominé par des lobbys violemment antichrétiens considère aujourd’hui la minorité catholique comme négligeable.

Néanmoins, la mobilisation considérable des manifestations parisiennes et la prudence à laquelle doit obéir tout gouvernement républicain à l’égard des opposants afin de ne pas briser de manière irrévocable le consensus devraient l’inciter à la modération. Dans le désastre d’une politique économique suicidaire, avec une arrogance insupportable, le pouvoir aligne au contraire les lois transgressives qui rompent avec les équilibres établis par la majorité précédente après une longue concertation et un énorme travail parlementaire.

C’est ainsi que le Parlement vient de voter définitivement la possibilité d’utiliser l’embryon humain comme matière de recherche. Cette inversion de la loi dont l’initiative revient au parti radical de gauche, c’est-à-dire à certains milieux maçonniques et qui ravit une partie de l’industrie pharmaceutique est une honte : une honte scientifique puisque les cellules IPS reprogrammées selon la technique du Professeur Yamanaka permettent la recherche sans avoir recours aux embryons ; une honte morale puisque c’est la frontière invisible constitutive de l’humanisme entre la matière et l’humain qu’on fait voler en éclats ; une honte politique puisque le temps de la réflexion et du dialogue avec les parties prenantes a été une nouvelle fois négligé.

Enlisé dans le déclin national dont la réalité économique n’échappe à personne, le pouvoir brandit les « avancées sociétales » comme ses seuls trophées. Il faut être pourtant bien aveugle pour ne pas voir que l’effacement du respect d’un être humain dès sa conception est un gigantesque recul de la civilisation.

Qu’une personne humaine en devenir soit traitée comme une chose est un acte barbare tant il est vrai que paganisme et négation de la vie spirituelle au profit de la domination technique de la matière se rejoignent.

Tandis que dans le domaine où il était attendu, celui d’une croissance créant les richesses nécessaires à une plus grande justice sociale, le pouvoir se contente d’expédients dont les effets seront, au mieux, dérisoires, comme la vieille recette des emplois aidés, ou calamiteux comme la hausse des prélèvements obligatoires, il va, en revanche achever la désacralisation de la vie et de l’humain, en touchant sans vergogne à des lois dont il ne fallait approcher que « la main tremblante » : avortement banalisé, réduit à un acte « médical » remboursé dans l’absence de plus en plus marquée du géniteur, ce « père » qui disparaît de l’horizon ; utilisation médicale des embryons en attendant le clonage thérapeutique ; « mariage » de genre unique aussi absurde que l’idéologie que l’on va enseigner pour lutter contre les évidences de la nature, qui ont l’audace de résister contre ce nouveau totalitarisme ; procréation médicalement assistée au profit des homosexuels et gestation pour autrui, histoire de complaire à la vision industrielle des ventres de femmes selon Bergé ; euthanasie et suicide assisté, afin d’en finir avec l’odieux spectacle du dévouement des personnels des centres de soins palliatifs.

Le socialisme aura accompli cet exploit de n’avoir  apporté aucune amélioration à la vie des plus pauvres et des plus faibles, et d’avoir au contraire réduit un peu plus l’homme et son corps à  leur dimension matérielle.

Entre ce matérialisme et celui de la marchandisation généralisée, il restera la différence du marché inégalitaire et du service public égal pour tous. Qui peut sérieusement le croire lorsqu’on sait qui nous gouverne ?¢

Christian Vanneste
Député Honoraire
Président du RPF
Président Famille et Liberté