mercredi 17 juillet 2013

14 juillet 2013: un camouflet populaire pour Hollande

S
ifflets, huées, regards hostiles, insultes parfois, « le président a mal vécu la défiance à son égard ». François Hollande ne gardera pas ce 14 juillet comme le meilleur souvenir de son quinquennat. Le président de la République a vécu un dimanche crispant qui le laisse un peu amer.
Le défilé et l'entretien télévisé qui s'en est suivi n'ont pas eu l'impact escompté. Sifflé pendant le défilé. Et cela a commencé dès le traditionnel défilé sur les Champs-Élysées. Un membre du gouvernement qui s'est mêlé à la foule reconnaît avoir été frappé par les regards hostiles des passants. « Même si le public attiré par le défilé n'est pas l'électorat traditionnel de la gauche, même s'il y avait quelques activistes mariage pour tous, on a bien mesuré le degré d'impopularité très fort à notre égard », analyse un ministre.¢


Autre image symbole de ce rendez-vous raté avec les Français : arrivé pour saluer la tribune des militaires blessés à la fin du défilé, François Hollande tourne rapidement les talons, refroidi par les sifflets qui reprennent. Le contact avec les Français sera pour plus tard. Un ministre affirme que « le président a mal vécu la défiance à son égard un jour de fête nationale. Il était visiblement tendu », a ajouté ce proche du président.

Audiences télé en berne. L'interview qui a suivi le défilé n'a pas non plus donné pleine satisfaction au chef de l'État. Alors qu'il avait été regardé par plus de 9 millions de téléspectateurs l'année passée, son entretien a cette fois été vu par 6,7 millions de téléspectateurs seulement, soit près d'un tiers d'audience en moins. « Il faisait un temps à barbecue, pas à rester devant sa télé », défend un conseiller de François Hollande, qui ajoute : « L’an dernier dans la foulée de l’élection, l’attente était naturellement plus forte pour le premier 14 juillet du quinquennat ».

Un poids lourd du gouvernement estime que « le président doit désormais moins parler tout en gardant la tonalité optimiste du message de dimanche ».

À l'Élysée, on souligne que « l'important, c'est la posture présidentielle, les messages de confiance et la vision à long terme ». Encore un qui croit au Père Noël !...¢
Avec Europe1