dimanche 30 juin 2013

Le phare d’Eckmühl, flambeau du Pays bigouden

L
e phare d'Eckmühl est un phare maritime situé sur la pointe de Saint-Pierre, à Penmarc'h, en Pays bigouden. D’une hauteur de 65 mètres, il a été inauguré le 17 octobre 1897 et doit son nom au titre de noblesse de la donatrice, la marquise de Blocqueville, fille du Maréchal Davout,  qui l'a en grande partie financé. Il sécurise l'une des côtes les plus dangereuses de France en raison de ses nombreux récifs.
Ses murs sont entièrement bâtis en granit de Kersanton et la paroi interne de sa cage d'escalier est recouverte de plaques d'opaline. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités du Finistère. Le phare fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 23 mai 2011.¢


LE PRINCE D'ECKMÜHL

Les débuts de l'histoire d'Eckmühl nous transportent en Basse Bavière, près du petit village d'Eggmühl. Là, le 22 avril 1809, l'armée napoléonienne remporte une importante victoire sur les Autrichiens. Le maréchal Louis Nicolas Davout, qui commandait les troupes, sera nommé Prince d'Eckmühl pour ce fait d'armes. Quatre-vingts années plus tard, à la mort de sa fille, Adélaïde-Louise Davout d'Eckmühl, l'exécuteur testamentaire signale à l'État français une donation de 300 000 francs pour la construction d'un phare sur les côtes de France.

LA CONSTRUCTION

Le legs de la Marquise de Blocqueville fut accepté par l'État en 1893. L'achat de terrains eut lieu fin 1893 et les travaux commencèrent début 1894. Les blocs de granit de Kersanton furent acheminés par bateaux depuis les carrières de Daoulas, en rade de Brest, et débarqués sur la cale du petit port de Saint-Pierre, puis transportés sur des charrettes jusqu'au chantier à quelques centaines de mètres.

L'intérieur fait l'objet d'un traitement particulièrement raffiné. Outre les très belles boiseries du campanile où trône la statue du Prince d'Eckmühl, l'escalier en colimaçon de 307 marches tourne dans la tour entièrement revêtue de plaques d'opaline fabriquées spécialement par la société Saint-Gobain. L'escalier se compose de 227 marches en granit de Kersanton qui mènent à un palier en balcon d'où part un escalier en fonte menant à la salle d'honneur. De là, un autre escalier en fonte permet d'accéder à la lanterne. La rampe et les serrureries sont en bronze poli. La partie technique de l'ouvrage comprend une lentille de Fresnel à quatre plans focaux qui bouclent leur rotation autour des lampes en cinq secondes.

Le coût total des travaux dépassa largement le montant du don, puisqu'ils furent estimés à près de 640 000 francs. Mais, à cette époque, on ne reculait pas devant la dépense, d'autant que les phares étaient les symboles de l'avance technologique de la France dans ce domaine.¢