jeudi 6 juin 2013

Cérémonie en mémoire des Anciens d’Indochine

COMMUNIQUÉ de l’association « La Nièvre en Armes »

Cérémonie en mémoire des Nivernais morts en Indochine
Samedi 8 juin 2013 à 11h30
Place du Sergent Gobillot (Place du Tonkin)
58000 NEVERS

À cette cérémonie seront présents madame le préfet, les différentes personnes des corps constitués ainsi que les représentants des différentes associations et leur porte-drapeau.

Au cours de cette cérémonie, LA LETTRE D'INDOCHINE du Général Bigeard (voir plus bas) sera lue par un membre de LA NIEVRE EN ARMES.

Puis ce sera l’Appel des Morts pour la France, la minute de silence et le traditionnel dépôt de gerbes.

Une pensée particulière ira au Sergent Nugues Lucien, mort en captivité au camp 113, comme tant d’autres disparus.¢

LETTRE DE BIGEARD

« LE 28 Juillet  1952 sous une pluie battante, nous arrivons au camp 114. Nous sommes répartis dans les paillotes.

La pluie s’infiltre à traverses chaumes entièrement pourris. Ce camp est réservé aux ralliés déserteurs qui doivent bien regretter l’époque où ils étaient chez les Français.

Nous y restons le temps de reprendre un peu de force et nous rejoignons le camp 113 situé à quelques kilomètres au nord. Nous avons parcouru six cents kilomètres en trente-quatre jours. Nous nous sentons soulagés d’être  arrivés, mais nous allons déchanter quand nous découvrirons l’état de délabrement des détenus du 113. Ce sont des squelettes.

BEAUCOUP SONT DESCENDUS AU-DESSOUS DE QUARANTE KILOGS. IL EN MEURT PLUSIEURS TOUS LES JOURS. C’EST UN CAMP D’EXTERMINATION. LA MOYENNE DE SURVIE Y EST DE QUATRE MOIS.

Ici, il n’y a ni barrière, ni mirador. C’est la foret qui nous garde. Elle tellement dense qu’il est difficile de s’évader. CEUX QUI ONT ESSAYE ONT ETE REPRIS ET ABATTUS.

Les cours politiques sont obligatoires. Chaque geste, chaque corvée, chaque parole est transformée en élément politique. Ceux qui refusent de suivre les cours ou qui font preuve de tiédeur sont voués à la mort. Aucune brimade ne nous est épargnée. Il faut extirper de nos esprits la propagande colonialiste et devenir de bons combattants de la paix.

Nous apprenons qu’il y a eu des libérations par échange, avec accord de la Croix-Rouge, mais n’en feront partie que les assidus des cours politiques qui se sont accusés de tous leurs CRIMES et sont devenus de bons combattants de la paix… »¢

GENERAL BIGEARD
Lettres d’Indochine - Tome  2
Extrait page 244