jeudi 23 mai 2013

Un an de prison ferme pour la députée socialiste Sylvie Andrieux

S
ylvie Andrieux, députée socialiste de la région de Marseille, a été condamnée ce mercredi  22 mai à trois ans de prison dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité dans une affaire de corruption.
L’élue a annoncé son intention de faire appel. Le PS a demandé à la députée de « se mettre en congé du parti » le temps de la procédure en appel.¢


Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné ce mercredi la députée socialiste Sylvie Andrieux à trois ans de prison dont deux avec sursis dans une affaire de corruption. L’élue a également été condamnée à une amende de 100 000 euros et à cinq ans d’inéligibilité.

La députée a immédiatement annoncé son intention de faire appel. « Je n'ai commis aucun des faits qui me sont reprochés », a-t-elle déclaré. L’appel suspend la condamnation dont elle fait l’objet.

De son côté, le PS a demandé à Sylvie Andrieux « de se mettre en congé du parti », le temps qu’elle soit rejugée en appel. « Si elle ne le faisait pas, je proposerais au Bureau national(direction du parti, ndlr) sa suspension, le temps de la procédure d'appel, comme le prévoit la charte éthique adoptée au congrès du PS de Toulouse en cas de condamnation en première instance pour des faits aussi graves », a déclaré Harlem Désir, le premier secrétaire du PS.

DÉTOURNEMENT DE 700 000 EUROS DE SUBVENTIONS PUBLIQUES

Au procès en mars, le procureur avait requis à l'encontre de Sylvie Andrieux deux ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Élue des quartiers nord de Marseille, tristement connus pour leurs trafics de drogue et leurs règlements de compte meurtriers, parlementaire depuis 1997, Sylvie Andrieux était poursuivie pour avoir détourné dans les années 2000, à des fins de clientélisme électoral, plus de 700 000 euros de subventions publiques.

L'enquête avait été ouverte à la mi-2007 après le signalement à la justice, par un organe de lutte anti-corruption du ministère des Finances, de flux financiers suspects sur les comptes d'associations marseillaises. Ces associations se sont avérées être des coquilles vides créées, selon l'accusation, pour rétribuer des personnes ayant aidé la députée PS à s'implanter et à se faire élire dans le nord de Marseille.

En juin dernier, sans le soutien du Parti socialiste, Sylvie Andrieux avait été réélue députée de justesse au second tour face au Front national.¢
Avec RFI