mercredi 3 avril 2013

L'affaire Cahuzac éclabousse Hollande

F
rançois Hollande sera durablement affecté par l'affaire Cahuzac, qui vient de porter un coup mortel à la « République exemplaire » dont il vantait imprudemment les « mérites » à chaque intervention médiatique.
Certes, après les aveux de l'ancien ministre du Budget sur son propre blog (voir ici) qui a reconnu détenir un compte bancaire à l'étranger depuis une vingtaine d'années, l'Élysée n'a pas tardé à réagir. Mais qui a cru à autre chose qu’à un nouvel habillage politicien destiné à donner le change ?
Car il n’en demeure pas moins que, au-delà de Jérôme Cahuzac et avec une majorité socialiste K.O. debout, les réactions à droite comme à gauche prennent désormais pour cible le chef de l'État. Et pour cause, de deux choses l’une : ou le président n’était effectivement pas informé et alors, en regard des moyens à sa disposition, c’est de l’incompétence notoire. Ou alors il savait et, dans ce cas, c’est de la connivence, de la complicité… à la Justice de qualifier les faits.¢


Le Parti communiste dénonce un « scandale d'État » et une « bombe politique »… Le Front National, une « affaire d'État »… Les écologistes, « un drame pour la démocratie » tandis que l'UMP demande des explications au président. Un président que personne ne croit quand il dit ne pas avoir connu la vérité…

« Cette affaire est obligatoirement un mauvais coup pour François Hollande », déclare Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay.

Pendant la campagne électorale, François Hollande avait insisté sur la moralisation de la vie publique, au terme d'un quinquennat qui avait notamment vu les ministres Éric Woerth, Christine Lagarde et Michèle Alliot-Marie mis en cause à des degrés divers.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, n'a pas manqué d'y faire référence mardi soir en dénonçant « un mensonge qui signe définitivement la fin de la gauche morale et donneuse de leçons ».

« François Hollande nous annonçait une République exemplaire. Quel crédit accorder désormais à son équipe gouvernementale ? », ajoute le responsable de l'UMP.

« Cette affaire va jeter un soupçon de manière générale sur le comportement des politiques », ajoute Bruno Jeanbart. « Elle porte aussi un coup à l'idée qu'il y avait une différence entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Cela va donner le sentiment que droite et gauche, c'est pareil ».

Déjà en berne dans les sondages (voir ici), la cote de popularité du président devrait avoir d'autant plus de mal à se relever.

« C'est une difficulté supplémentaire pour espérer remonter fortement dans les semaines ou les mois qui viennent, ça risque de laisser une trace et de rendre plus difficile une reconquête même si c'est quand même toujours les questions économiques qui restent les plus importantes pour les Français », conclue Bruno Jeanbart.¢