vendredi 5 avril 2013

Hollande savait-il pour Cahuzac ?

F
rançois Hollande a-t-il été informé dès le mois de décembre que les révélations du site d'informations Mediapart sur le compte suisse (banque UBS) de Jérôme Cahuzac étaient crédibles ? Un certain nombre d’éléments laissent à penser que OUI.
En effet, selon l'hebdomadaire Le Point paru jeudi, plusieurs ministres avaient alerté le chef de l'État sur la mauvaise tournure que risquait de prendre l'affaire qui a provoqué la démission de l'ancien ministre du Budget, sur fond de divorce houleux.¢

E En outre, dès la fin décembre, l'Élysée a été destinataire d'une "note blanche" confirmant les accusations de Mediapart sur l'existence d'un compte en Suisse, écrit-il, sans préciser si elle émanait des services de renseignement ou des services fiscaux.

Interrogé sur l'article du Point, l'entourage du chef de l'État a bien évidemment démenti : "C'est totalement faux, on dément formellement."

E Mais selon M6info, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été sollicitée dès le 4 décembre par le ministère de l'Intérieur pour savoir quel crédit donner à l'enquête dévoilée le même jour par Mediapart.
Elle aurait conclu en seulement deux jours que l'enregistrement sonore diffusé par le site et sur lequel le ministre fait état d'un compte domicilié à l'UBS, qui a été authentifié depuis, n'était pas un montage et que la voix était "très probablement" celle de Jérôme Cahuzac.

E Michel Gonelle, l'ancien rival politique de Jérôme Cahuzac dans le Lot-et-Garonne et auteur de l'enregistrement a rappelé pour sa part avoir alerté un conseiller de l'Élysée dès le 15 décembre pour lui dire que l'enregistrement était authentique.
"Je suis fondé à penser que le président de la République connaissait précisément l'origine de cette affaire dès le 15 décembre", a-t-il dit mercredi sur i>Télé. Dans un communiqué, l'Élysée l'avait alors invité à s'adresser à la justice.

L'enquête préliminaire sur cet enregistrement n'a été officiellement ouverte que le 8 janvier par le Parquet de Paris.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait démenti par avance mercredi dans un communiqué toute enquête parallèle, tant de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) que de la Division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIFF).

Jeudi, il a répété sur BFM TV qu'aucune note de la DCRI "n'a été transmise à l'Élysée", affirmant que le temps où les anciens Renseignements Généraux pouvaient enquêter sur des personnalités était révolu. (Ndlr. Hélas !...)

"Vous pensez un seul instant que j'aurais demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur de faire une enquête sur Jérôme Cahuzac ou sur la bande où sa voix était enregistrée ? Mais où sommes-nous ?", a-t-il déclaré.

Effectivement : OÙ SOMMES-NOUS ?... Il y a nécessairement des menteurs dans cette affaire.¢
Avec Reuters