vendredi 5 avril 2013

Augier, trésorier de campagne de Hollande, sur la sellette

D
epuis hier, c’est Jean-Jacques Augier, un autre proche de François Hollande, qui se trouve maintenant sous les feux de la rampe et qui contribue à affaiblir encore un chef de l'État déjà bien plombé par l'affaire Cahuzac.
Jean-Jacques Augier, 59 ans, ancien inspecteur des Finances et homme d'affaires discret a été le trésorier de Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012. Il est notamment actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans par le biais de son holding financier Eurane.
Répondant à des journalistes qui le questionnaient sur sa situation financière, Jean-Jacques Augier a confirmé avoir constitué en 2005 et 2008-2009 deux entités offshore aux Caïmans, paradis fiscal des Caraïbes sous souveraineté britannique, à la demande de ses partenaires en affaires.
"Rien n'est illégal", a déclaré M. Augier, affirmant n'avoir "ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans ni investissement personnel direct dans ce territoire". M. Augier affirme également que le chef de l'État français n'était pas au courant de ses affaires.¢

La première société, International Bookstores, a été créée en 2005 à la demande d'un de ses associés chinois, un certain Xi Shu, propriétaire d'un réseau de librairies, a indiqué l'homme d'affaires français, propriétaire du magazine Books et, depuis janvier 2013, de Têtu, le premier magazine de la communauté homosexuelle française.

"J'ai investi dans cette société par l'intermédiaire de la filiale d'Eurane en Chine, Capital Concorde Limited, un holding qui gère toutes mes affaires chinoises", a précisé l'homme d'affaires au Monde. "L'investissement dans Internationale Bookstores apparaît au bilan de cette filiale. Rien n'est illégal", insiste ce proche du président.

La deuxième entité offshore, constituée en 2008-2009 avec des voyagistes de plusieurs pays, a également été créée à la demande de ses partenaires, a affirmé M. Augier, ajoutant qu'elle aurait été depuis rapatriée à Hongkong.

M. Augier reconnaît toutefois qu'il a "peut-être manqué de prudence" en participant à la création de ces entités offshore, mais il souligne que ces opérations ont été faites à la demande de ses partenaires, dont un important homme d'affaires chinois.

Ces révélations pourraient embarrasser encore plus le président socialiste  pris dans la tourmente du scandale de la fraude fiscale de son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.
Avec AFP