jeudi 28 mars 2013

Peuple et politique : le divorce du Printemps Français – par Christian Vanneste

L
e Peuple existe. Il a occupé l’avenue bien nommée de la Grande Armée. L’acharnement de la hiérarchie policière à obéir aux ordres ne changera pas les faits et les images d’une foule immense, compacte, vibrante et généreuse.
On ne souligne pas suffisamment l’origine de la surprise du pouvoir devant cette mobilisation. La médiocrité du personnel politique lui fait supposer que l’intérêt seul motive les citoyens. La politique est devenue un marché. Les professionnels repèrent les clientèles-cibles et ajustent leurs produits et plus encore leur « pub », puisque le « produit » politique, c’est 95% de « com » et 5% de réalisation. Que des centaines de milliers de Français, complètement désintéressés, puissent venir de loin uniquement pour défendre une conception de la famille, du droit des enfants, une vision de leur pays, de sa civilisation, et dans le fond, une certaine idée de l’humanité, est incompréhensible pour cette génération d’apparatchiks qui ont fait de la politique un métier.¢


En raison du poids médiatique du lobby homosexuel, de la paresse qui préfère descendre les pentes plutôt que les remonter, de la facilité intellectuelle qui  confond le progrès et la nouveauté, la gauche a décidé, rien que ça, de dynamiter l’Anthropologie. C’est moderne, ça ne coûte rien, ça distrait des problèmes qu’on ne peut pas résoudre, ça va satisfaire un segment de marché peu nombreux, mais « moteur », et qui prospère dans tous les pays comparables. La résistance sera marginale, ringarde, maladroite, réduite aux catholiques les moins branchés et à l’extrême-droite : du gagnant-gagnant.

Raté ! Le peuple existe et il est revenu encore plus mobilisé que le 13 Janvier, pour faire la nique au mépris qu’il avait essuyé lors de la première manifestation. Il est venu, bon-enfant, et une fois encore on lui a montré qu’il n’était pas le bienvenu chez lui. On lui a interdit les Champs-Élysées, on l’a obligé à beaucoup marcher, on l’a parqué, puis on l’a matraqué et gazé. Alors, ce qui était un rassemblement pour la Famille est devenu une révolte contre un pouvoir hautain, cynique et méprisant. Les slogans n’appelaient plus au retrait de la loi mais au départ du Président. Un frisson de printemps parcourait la foule. Les concurrents de la firme en place étaient présents. Eux non plus n’avaient pas prévu pareille levée en masse. Ils avaient pris des positions différentes, parfois en fonction d’une curieuse confusion entre leur vie privée et l’intérêt général, le plus souvent en regard du marché électoral de leur implantation locale. Après avoir flatté pendant dix ans le lobby gay et accueilli au sein de l’UMP Gaylib, les boutiquiers de la « droite » se disaient : notre électorat, en dehors des grandes villes, est hostile à la loi. On va s’y opposer. Elle passera, et comme le « Partido Popular » en Espagne, on n’y reviendra pas.

Raté aussi ! Le peuple existe ! Il tient à ses valeurs nationales. Les Trois Couleurs et la Marseillaise s’étaient invitées, et avec elles, un souffle de printemps, de Printemps Français. La référence est claire. Un printemps politique, çà n’est pas une alternance entre les pourris d’hier et les corrompus d’aujourd’hui, çà n’est pas le remplacement d’un arrivisme brouillon par une ambition sans talent, c’est un changement de système et  une mise en congé de ceux qui y prospèrent. La dénaturation du mariage aura conduit à un divorce entre le Peuple et ceux qui le dirigent. Depuis plus de trente ans la politique française est allée d’échec en échec. Elle n’a cultivé qu’une insigne médiocrité. Dans le champ de ruines de cette politique, il subsistait un édifice solide, celui de la famille, l’un des vecteurs de la relative bonne santé démographique du pays. Le pouvoir s’y attaque de tous les côtés, par la face de l’institution, et par celle du financement. Autour, une gouvernance économique irresponsable achève notre industrie. L’État-Providence étouffe dans la mauvaise graisse des dépenses publiques excessives et des prélèvements obligatoires insupportables. Les missions prioritaires de l’État régalien ne sont plus remplies : maîtrise de l’immigration, justice, sécurité. La Grande Muette, l’Armée à laquelle on demande tant, sera néanmoins la principale victime, évidemment silencieuse, des restrictions budgétaires. Pendant ce temps, nos ministres vont aller parler anglais dans une Europe qu’ils ont contribué à transformer en monstre froid, tentaculaire, contraignant et inefficace. Devant cette situation désastreuse, l’Italie a peut-être montré le chemin, et pour nos dirigeants, ceux d’avant, et ceux de maintenant, ce devrait être celui de la sortie !

C’est cette direction que la clameur de dimanche a clairement indiquée ! Pendant qu’elle se faisait entendre, une minorité d’électeurs se rendaient aux urnes dans l’Oise et manifestaient autrement leur divorce d’avec le système.¢