jeudi 14 mars 2013

Journalisme, ou propagande ? par Le Crieur du Cœur

P
ropagande, et pas qu’un peu !!! Même et surtout en «journalisme» de bureau; donc très loin des décisions ultrarapides que tout bon photoreporter doit souvent assumer (j’en sais quelque chose, j’ai aussi été photographe de Presse dans des lieux pas très pacifiques...), et choisir tel ou tel aspect de ce qui peut prendre la plupart du temps l’aspect d’un événement essentiel mais ne l’est pas forcément, donc «sélectionner» froidement telle ou telle image à publier. Ce n’est plus, n’est pas, ne peut jamais être un acte neutre.
Il y a aujourd’hui au moins cent millions de personnes dans le monde qui, fût-ce avec un téléphone portable, peuvent photographier tout événement dramatique ou politique : souvenez-vous des événements au Caire.... Donc, choisir un jury de «seulement» 5666 (quel nombre bizarre, qui pue le coup monté !!!), soit à peu près un pourcentage de 1 sur 17.668 possibles, ce n’est pas, vraiment pas, une garantie d’objectivité !!! Et là où cette proportion devient un scandale, c’est quand une organisation qui ose prétendre représenter la Presse mondiale s’adjuge la capacité et le droit d’affirmer la valeur de telle ou telle image et de la récompense; alors là, en toute vérité, elle dépasse toutes les bornes, que ce soient les bornes de l’objectivité mais aussi et surtout celles de l’honnêteté, non seulement mais surtout de la morale (celles qui n’ont pas de prix parce qu’il augmente toujours !!!)...¢

Sans même rappeler que 2013 vient seulement de commencer, et nous réserve encore plus d’un évènement marquant, choisir la photo d’une exhibition mortuaire (quelle civilisation trimballe ses morts en parade?) surtout lorsqu’il s’agit des victimes d’une guerre qui n’ose pas afficher son nom (subventions oblige !!!) paraît pour le moins outré (« World Press Photo, cité  par Valeurs Actuelles, N° du 21 février, page 36, sans le moindre commentaire...).

Il ne m’appartient de juger la guerre qui oppose l’entité Gaza à son propre peuple et à son pays sans État : la Palestine, et aussi à son voisin Israël. Mais célébrer ainsi des morts victimes de représailles contre des actes terroristes (roquettes lancées sur des civils) provoqués par le refus de la résolution 242 des Nations Unies – ce «machin» disait De Gaulle), paraît pour le moins très orienté, et fort peu journalistique !!!  Enfin, quoi ?

À quoi rime l’action de donner un « prix 2013 » alors que l’année est à peine commencée ? À quoi rime de biffer tant d’évènement mille fois plus graves et plus dangereux ?
À quoi rime de négliger la tentative de conquête islamiste du Mali et des tortures, des mains coupées, des femmes violées puis lapidées?
Pourquoi ne pas dénoncer l’embrigadement des jeunes filles de Corée du Nord?
Pourquoi ne jamais montrer les victimes des explosions d’autobus civils de Tel Aviv?
Pourquoi négliger les destructions systématiques de mausolées historiques mahométans à Tombouctou?
Pourquoi ne pas montrer l’affront du brandissement de drapeaux étrangers sur la place de la Bastille?
Pourquoi ne pas montrer la sortie fière des pirates somaliens acquittés par une «justice» française?
Pourquoi oublier la réplique immédiate sans appel et conforme à la loi historique maritime internationale, qui a été récemment appliquée sans délai par la marine de guerre russe, qui  n’a pas hésité à torpiller le navire d’autres pirates somaliens?
Et, si toute tristesse devait être ainsi affichée,  pourquoi alors ne pas montrer la douleur de l’épouse du soldat français tué en Somalie par d’autres commerçants d’otages lors d’une tentative courageuse de libérations de Français?
Pourquoi, si tant est qu’il puisse ne s’agir que d’un accident de l’Histoire, négliger l’accaparation des printemps arabes » par des extrémistes ultra-religieux, qui n’hésitent pas à violer en groupes et en public des opposantes de leur peuple et même des femmes journalistes étrangères ?
Pourquoi aussi feindre d’oublier que deux jeunes filles quelque peu idéalistes sont brimées pour deux ans et brisées dans un camp du goulag restant ouvert, pour avoir simplement pour avoir chanté sans permission dans une cathédrale de Moscou?
Et pourquoi pas la douleur de la mère des soldats français assassinés à Toulouse?
Et pire encore, la détresse des Kurdes, peuple coupé en quatre pas des frontières qui ne sont pas les siennes?

Tous ces faits et tant d’autres, justes donc politiquement incorrects devraient être oubliés ???

Pourquoi enfin, alors que la Presse étasunienne se dit informative et objective, pourquoi se laisse-t-elle embrigader par un tel parti pris?
Et pourquoi un journaliste (???) suédois se mêle-t-il d’un conflit historique vieux de plus d’un siècle dans une région aux conflits millénaires, ignorant des problèmes cent fois plus graves et mille fois plus dangereux... mais plus loin de Stockholm !!! Peut-être était-ce par prudence : il est plus facile de photographier une parade de cadavres que d’aller là où les drones châtient les terroristes, et là où des autobus explosent...

Le grand écrivain russe, Boris Pasternak, a mis dans la bouche de l’un des personnages de son livre « Le docteur Zhivago » la triste constatation suivante : « ...(la dictature a dû) les convaincre à voir ce qui n’était pas là ; et à affirmer le contraire de ce que leur yeux montraient.) »

E Hélas ! Il semble de plus en plus souvent que des « néo-munichois » n’attendent même plus le déploiement d’une «cinquième colonne» pour s’empresser de lécher les bottes de qui leur promet un monde meilleur... demain !!!¢