mardi 19 mars 2013

Impressions de maraude d'Alexandre Simonnot

N
ous nous sommes retrouvés le jeudi 7 mars à 21h avec le Pasteur Blanchard et son épouse Catherine. Le rendez-vous était fixé Porte d'Italie pour une traversée de Paris tout à fait particulière. Notre mission était simple : venir en aide à un maximum de personnes sans-abris ce soir-là, pour leur apporter du réconfort, de l'aide, de la présence.
Le spectacle que nous contemplons cette nuit-là est atroce: des milliers de personnes, hommes, femmes, vieux, jeunes, dormant dans la rue et dans l'indifférence la plus totale. Cette vision dans la capitale de la "Patrie des Droits de l'homme" est affligeante. Dans quel pays sommes-nous ? Dans quel monde vit-on ?¢

Sans nous décourager, nous arpentons les rues de Paris pendant des heures. Il fait froid certes mais comment oserions-nous nous en plaindre? Celles et ceux que nous rencontrons ce soir-là vivent avec ce froid en permanence, jour et nuit, c'est leur quotidien. Leurs journées ce sont la misère, la fin, la soif, les agressions.

Nous sommes heureux, oui très heureux de leur venir en aide quelques heures. Que sont ces heures de notre temps? Pas grand-chose, mais pour celles et ceux que nous visitons c'est énorme.

Un peu de café et de soupe chaude, quelques vêtements et surtout beaucoup de réconfort, voilà ce qu'attendent ces grands oubliés de notre société.
Quel bonheur de constater leur sourire lorsqu'ils nous aperçoivent s'approcher d'eux. Enfin ils ont quelqu'un à qui parler. C'est sans doute la chose dont ils ont le plus besoin ce soir: parler, échanger, communiquer. Raconter leur histoire, leur parcours, leur vie à quelqu'un. Nous sommes là pour ça, pour les écouter et les aider.

C'est ainsi que s'est déroulée notre nuit de maraude avec le Pasteur Blanchard et son épouse Catherine. Une nuit d'écoute, d'échange et de réconfort. Une traversée de Paris. Ce Paris de la honte, de la misère et de la solitude.

Lorsque nous quittons le Pasteur, nous retournons chacun au chaud dans nos foyers. Et nous n'oublierons jamais celles et ceux que nous avons rencontrés ce soir-là qui n'avaient comme unique compagnie que le froid, la misère et la solitude.¢