mardi 19 mars 2013

Des ententes FN-UMP aux Municipales, pourquoi pas ? par Marc Noé

L
e FN et l’UMP ont des positions radicalement différentes sur les questions européennes et de l’euro. Soit. Il n’empêche malgré tout que l’UMP compte dans ses rangs des personnalités qui se revendiquent notamment « souverainistes » et dont la sincérité « anti-socialiste » n’est pas à remettre en cause. Il n’empêche également que le FN compte, lui aussi, des gens tout aussi capables de s’occuper des affaires communales que les doctrinaires du PS. Des points de convergence peuvent donc être dégagés, au moins dans l’intérêt local.
Par ailleurs, il faut également reconnaître que les Communes dirigées par des élus UMP ou DVD-Non-Inscrits sont globalement bien mieux gérées que celles dirigées par la gauche. C’est un fait. Et pour une raison bien simple : les élus de gauche sont enserrés dans un carcan idéologique qui leur fait entrevoir la réalité comme il voudrait qu’elle soit selon leur propre formatage doctrinal.  On est ici bien loin de la réalité objective et, instinctivement, le corps électoral perçoit ce décalage. Le même constat est d’ailleurs à faire également sur les autres collectivités locales, qu’elles soient départementales ou régionales.¢


Ce constat, je l’avais déjà fait lorsque j’étais moi-même élu et bien qu’il me faille aussi reconnaître les efforts sincères et louables de nombre de collègues de gauche à l’échelon local. Le problème étant que leur attitude semble comme phagocytée dès lors qu’il s’agit d’aborder des sujets d’ordre général ou portant sur des considérations de politique nationale. L’idéologie et la doctrine prennent alors le pas sur le réel. À l’opposé, il s’agit là d’une attitude totalement étrangère aux « élus de droite » (au sens large) qui font montre d’une plus grande liberté d’esprit et d’adaptation. Ce qui peut se résumer par « idéologie d’un côté et pragmatisme de l’autre ».

Ainsi, les élections municipales se profilant à l’horizon 2014, le problème des électeurs sera de se défaire de cette emprise du PS sur les collectivités locales. Sachant que, au vu du système électoral en vigueur, une grande multiplicité de triangulaires UMP-FN-PS risquerait une nouvelle fois de donner beaucoup de Communes à un PS minoritaire.

C’est précisément ce que ne semble pas vouloir reconnaître Jean-François Copé qui, contrairement aux vœux d’une large majorité de militants et d’électeurs UMP, persiste à marteler que sa formation ne fera jamais d’accords avec celle de Marine Le Pen.

Une position que ne partage pas du tout la nièce de la présidente du FN, Marion Maréchal-Le Pen, et qui l’a d’ailleurs fort bien exprimée lors de son intervention sur BFMTV.

E Alors oui, n’en déplaise à certains dirigeants UMP, pour gagner des mairies il faudra bien des ententes locales. Ce qui ne veut pas dire que les uns ou les autres y perdront leur âme. Au contraire, tous y gagneront en crédit auprès d’un électorat lassé de tant de divisions, de reproches et de procès d’intention.

Et je l’écris avec d’autant plus de liberté que je n’appartiens à aucune formation politique.¢

© Marc Noé pour FPI-Le Gaulois
Ancien Maire-Conseiller Général de Seine-et-Marne