jeudi 21 mars 2013

Affaire Tapie: perquisition chez Christine Lagarde

L
e domicile parisien de la directrice du FMI a été perquisitionné hier, mercredi 20 mars, dans le cadre d'une enquête ouverte par la Cour de justice de la République sur la vente de l'équipementier sportif Adidas à la banque Crédit lyonnais, en 1993, par Bernard Tapie. Christine Lagarde est ici soupçonnée de « complicité de faux et de détournement de biens publics » et risque jusqu’à 10 ans de prison si les faits reprochés sont avérés.
L’affaire commence il y a 20 ans, en 1993. L'homme d'affaires français, propriétaire d'Adidas, vend la société à plusieurs investisseurs, dont la banque publique du Crédit lyonnais.
L'année suivante, Adidas est une nouvelle fois vendu par ce groupe d'investisseurs. Mais le niveau de cette nouvelle transaction est cette fois beaucoup plus élevé que celle réalisée par Bernard Tapie. Celui-ci dénonce donc la vente, et réclame 900 millions d'euros de dédommagement.¢


LE TOURNANT DE 2007

S'en suivent des années de procédures judiciaires, qui se terminent en 2007. C’est le moment où Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Économie, fait son apparition dans le dossier. L’actuelle directrice du FMI décide alors de saisir un « tribunal arbitral privé. » Le but, selon elle, est de mettre fin à une procédure longue et coûteuse.

Moins d'un an plus tard, ce tribunal arbitral condamne l'État à verser environ 400 millions d'euros à Bernard Tapie, au titre des dommages et intérêts. Christine Lagarde annonce alors qu'elle ne fera pas appel de cette décision pourtant très critiquée à l’époque.

2011 : SAISINE DE LA CJR

Pour elle, c'est le début des ennuis. En 2011, la Cour de Justice de la République (CJR) est saisie. La CJR estime que Christine Lagarde s'est impliquée personnellement, et que cet arbitrage comporte de nombreuses irrégularités.

E En clair, elle est soupçonnée d'être passée par ce tribunal arbitral privé en sachant que sa décision serait a priori plus favorable à Bernard Tapie. Si les faits étaient avérés, elle risquerait dix ans de prison pour « complicité de faux et de détournement de biens publics. »¢
Avec RFI