mardi 5 février 2013

Valls se méfie des ouvriers et les fait surveiller

M
anuel Valls, s'inquiète davantage des risques d'implosions ou d’explosions sociales que des méfaits de la racaille. Il a fait savoir que les services du ministère (notamment les SDIG et les DDSP) étaient mobilisés pour éviter tout débordement lors de mouvements sociaux. Car « on ne peut pas casser l'outil de travail », a-t-il déclaré.
« La colère sociale, avec les conséquences de la crise économique et financière, la précarité, le chômage, les plans de licenciements, elle est là, elle gronde depuis des années », a reconnu le ministre de l'Intérieur interrogé sur BFTV et RMC.
« Aujourd'hui on assiste moins à des mouvements sociaux, qu'à des implosions ou explosions sociales », a-t-il mis en garde. « Il faut en faire l'analyse fine, c'est le travail de l'Information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux) de la sécurité publique », a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs mois, le contexte social s'est détérioré en France, avec plusieurs annonces de suppressions de postes dans différents secteurs (PSA, Renault, Petroplus, Goodyear...).

Les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre « au plus près » les entreprises en difficulté afin d'anticiper une éventuelle « radicalisation » de mouvements sociaux.

Une note de service, datée du 30 janvier et transmise aux directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP), souligne « les risques d'incidents » ou d'éventuelles « menaces sur l'outil de production en cas de radicalisation d'un conflit ».

Ces explosions sociales, « il faut essayer de les comprendre, mais on ne peut pas les admettre », a ajouté M. Valls. « On peut essayer de comprendre les raisons qui poussent des hommes et des femmes au désespoir, mais on ne peut pas casser l'outil de travail ».

À l'usine Renault à Flins (Yvelines), « il y a de plus en plus de présence policière autour de l'usine avec plusieurs voitures banalisées », a indiqué mardi Ali Kaya, délégué CGT. « La police a contacté des délégués syndicaux », a-t-il ajouté.

Des salariés de cette usine ont débrayé tôt mardi matin pour protester contre l'accord de compétitivité proposé par la direction qui prévoit notamment la suppression de 8.260 emplois en France d'ici à 2016, ainsi qu'un gel des salaires en 2013, une refonte des comptes épargne-temps et des mobilités obligatoires entre les sites.
Avec AFP