mercredi 27 février 2013

Objectivité médiatique ! par Alain de Charente


U
ne fois de plus, la chaîne publique France 2 (voir Le Gaulois) a tout simplement oublié que son rôle et sa mission première et exclusive sont d'informer les téléspectateurs et que ses journalistes grassement rémunérés sont soumis à la déontologie de leur profession qui impose (ou devrait imposer) de faire preuve d'honnêteté, d'impartialité, de neutralité, d'objectivité, de courtoisie, et qu'un plateau télé n'a pas vocation à se transformer en tribunal d'inquisition au gré des états d'âme des journaleux qui s'y pavanent.....¢


Nouvelle démonstration jeudi dernier à l'occasion du débat qui se voulait politique en présence de la Présidente du Front National, mais qui d'entrée de jeu s'est transformé en numéro de cirque avec un Monsieur Loyal particulièrement pitoyable et infect dont le moins que l'on puisse dire est qu'il usurpe cette noble fonction car en ce qui concerne David Pujadas, il n'y a pas la moindre trace de loyauté dans son comportement avant tout partisan.

Le ton a d'ailleurs été donné avant même que l'invitée soit entrée sur le plateau par la présentation de Marine Le Pen et de son parti qui s'apparentaient plus à un véritable réquisitoire à charge qu'à l'annonce du contenu de ce débat, les affirmations de D.P relevant visiblement d'un fantasme personnel avant de se vouloir être une réalité des faits.

Ce présentateur « vedette » a bien entendu le droit d'avoir ses propres convictions en matière de sensibilité politique et a toute latitude pour ne pas épouser les thèses du F.N, mais pour s'exprimer, il dispose, comme tout citoyen électeur de son bulletin de vote et ne devrait en aucun cas utiliser son poste d'animateur de débats pour s'autoriser à dénigrer et même insulter son invité(e) sur une chaîne publique financée par le contribuable qui n'est pas censé partager ses idées. Ce en quoi il sort du cadre de sa prestation qui devrait se limiter à présenter les sujets traités, assurer le bon déroulement de l'exercice médiatique en tenant compte des temps de paroles imposés à chacun et en s'assurant que le débat reste serein, poli dans le respect de celles et ceux qui s'affrontent.

On constate que le but de l'opération n'est à aucun moment de proposer un échange constructif, surtout s'agissant de la présence d'un dirigeant du Front National, mais bien de déstabiliser son invité(e), le choix des contradicteurs étant là pour en attester, et de tenter d'extorquer à toute fin la petite phrase de trop, le mouvement d'humeur qui sera exploité et mis à profit avec délice et jubilation à chaque fois que l'occasion se présentera.

Les archives du CSA regorgent de vidéos de Jean-Marie Le Pen, mais curieusement ce ne sont pas celles qui pourraient être visualisées à son avantage, les images proposées étant celles des écarts certes maladroits et inutiles de l'ancien président du parti qui continuent à faire le bonheur des bouffons de l'audiovisuel, archives qui ne sentent pas le renfermé et le moisi tant leur exhumation est fréquente.

E Mais il est certain que Marine Le Pen qui avait déjà subi ce type d'interrogatoire « musclé » lors de la campagne pour la présidentielle savait fort bien ce qui l'attendait en descendant dans cette arène en forme de fosse aux lions, face à cette meute agressive, enragée et mordante, qui en aura été une fois de plus pour ses frais car Marine n'aura pas répondu favorablement à leur attente, celle espérée de la broyer menu et de la ridiculiser en direct.

E L'autre motif de satisfaction étant que le monde médiatique change très vite et que désormais la télé n'a plus le monopole de la transmission de l'information (ou de la désinformation le plus souvent), ce dont elle s'acquitte avec médiocrité, internet étant désormais là pour apporter un vent nouveau apte à permettre d'entendre d'autres sons de cloches et de comparer les données, ce qui ne manquera pas de mettre de plus en plus souvent en difficulté l'audiovisuel classique désormais en concurrence directe et féroce.......Les journalistes collabos ont durant des décennies mangé le pain blanc, il vont devoir désormais attaquer la croûte, nettement moins goûteuse.¢