mardi 26 février 2013

L’Italie dans l'impasse


L
'Italie semblait plongée dans une impasse politique mardi après le vote protestataire qui a marqué les élections de dimanche et lundi au terme desquelles aucune alliance n'apparaissait en mesure de former un gouvernement stable.
Après une année d'austérité, plus de la moitié des électeurs se sont ralliés aux plates-formes anti-européennes de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo, grand vainqueur du scrutin. Le centre gauche de Pier Luigi Bersani est crédité de 125.000 voix d'avance sur le centre droit à la Chambre des députés et la prime au gagnant lui garantit une majorité confortable. Il est également arrivé en tête des sénatoriales, mais reste en-deçà de la majorité, y compris avec l'appoint des élus fidèles au centriste Mario Monti, président du Conseil sortant largement désavoué. Dans la mesure où les deux chambres disposent des mêmes prérogatives, le centre gauche aurait donc besoin du Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo ou du centre droit de Silvio Berlusconi pour faire passer ses réformes.¢

Pour l'instant, ni l'ancien comique, ni l'ancien chef du gouvernement n'ont manifesté l'intention de négocier, laissant craindre que de nouvelles élections soient nécessaires.
Ce vote de protestation est aussi un camouflet pour le président du Conseil sortant, l'ancien commissaire européen Mario Monti, dont l'alliance centriste n'arrive qu'en quatrième position, loin derrière le populiste Beppe Grillo, qui a axé sa campagne sur la dénonciation des élites pro-européennes et d'une classe politique corrompue.
« Le vainqueur est dans l'impossibilité de gouverner », titrait mardi matin le quotidien romain Il Messaggero tandis que La Repubblica notait que « le premier parti du pays » était le « non parti », terme désignant le rejet de la classe politique traditionnelle.
Les marchés et les partenaires européens de l'Italie, avides de stabilité, craignaient un tel scénario pour la troisième économie d'une zone euro confrontée à la crise de la dette, au chômage et à la récession.¢
Avec Reuters