jeudi 14 février 2013

Le FMI prône une union bancaire totale en zone euro



L
es pays de la zone euro doivent aller jusqu'au bout de leur projet d'union bancaire, notamment en créant une assurance commune des dépôts, sous peine de mettre en danger l'économie du bloc, affirmait hier un document de travail du Fonds monétaire international (FMI).


Les 17 pays de la zone euro se sont difficilement accordés en décembre sur un projet d'union qui doit permettre à la Banque centrale européenne (BCE) de superviser les 200 banques les plus importantes du secteur à partir de mars 2014.
Le projet prévoit également la création d'une autorité dite de « résolution », qui pourrait gérer la fermeture de banques défaillantes et alléger ainsi la responsabilité souveraine des États.
« L'union bancaire n'est bien sûr pas une panacée, mais elle peut être centrale dans la lutte contre la crise actuelle, en brisant le cercle vicieux entre les coûts de financement des États et ceux des banques », dit la note intitulée « Une union bancaire pour la zone euro ».
Aujourd’hui, l'intégration bancaire est accueillie avec frilosité par un certain nombre de membres de la zone euro. En particulier l'Allemagne qui craint que la BCE devienne à terme le seul superviseur du secteur et qui a déjà plaidé sans succès contre une recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES).
Les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro ont convenu en juin dernier que le MES puisse injecter directement des fonds aux établissements en difficulté, une décision avant tout destinée à sauver le secteur bancaire espagnol.
Prenant le contrepied de la ligne allemande, la note de travail du FMI se prononce, elle, en faveur d'une supervision unique par la BCE, pour une mise en œuvre "sans délai" de la recapitalisation directe par le MES et pour la création d'une assurance commune des dépôts.
« Le développement des compétences nécessaires au sein de la BCE et le renforcement de sa crédibilité en matière de supervision constituent un défi qui ne doit pas être sous-estimé », reconnaît le document.
Avec Reuters