lundi 11 février 2013

L’as-tu vu le foulard du Légionnaire ?...

O
n se rappelle qu’en Afghanistan, une femme de l’Armée Française s’était vue imposer de porter un foulard –musulman celui-là- par son supérieur… pour ne pas heurter la sensibilité des populations locales ! Cela n’avait pas eu l’air de choquer les médias. Mais quel foin pour le foulard de ce Légionnaire ! Un foulard à tête de mort, pensez donc ! Certains journalistes « hypersensibles » en ont été tout retournés, les « pov’choux »… eux qui confondent « opération militaire » avec « gay pride » !  Il y a vraiment des corvées de bois qui se perdent.


Le Légionnaire photographié au Mali avec un foulard aux motifs de squelette a été puni de 40 jours, et rapatrié cinq jours après les faits, apprend-on. Interrogé par mes soins (Jean-MarcTanguy) lors du point presse hebdomadaire, le porte-parole de l'EMA a récusé en bloc ces éléments, ajoutant par ailleurs ne pas vouloir mettre sur la place publique le reste de l'affaire, et notamment les sanctions en question.

La photo de l'AFP qui l'avait rendu célèbre malgré lui avait été prise dans un contexte très particulier, puisque ce Légionnaire se protégeait d'un atterrissage d'hélicoptère à proximité, avait indiqué l'auteur de la photo. Mais il ne combattait pas ainsi grimé.

L'enquête pour l'identifier a dû être particulièrement courte et simple, puisqu'il y avait très peu de Légionnaires déployés au Mali, à ce moment-là. Au Tchad où il était stationné auparavant, ce Légionnaire portait déjà le même foulard, ce qui n'avait apparemment gêné personne en trois mois de séjour sur place. Mais a donc considérablement simplifié son identification.

Aucune communication sur la nature de la sanction infligée au Légionnaire n'a été effectuée pour l'instant. En fait, c'est bien la médiatisation du foulard, et non le foulard qui aura posé problème. Une punition sous la pression médiatique, en quelque sorte, mais qui semble avoir très largement impacté le ressentiment des militaires contre la presse et la hiérarchie parisienne.

LES RÉACTIONS

Un ancien Légionnaire du Rhône a déclaré à la presse locale : « Il n'y a pas eu mort d'homme, un blâme aurait été suffisant. Ce "vol bleu" (rapatriement prématuré pour indiscipline) risque de peser sur la carrière du militaire. Une campagne, c'est une médaille, une solde augmentée... Autant d'avantages qui peuvent être remis en question après ce retour au pays. »

Un autre vivant à Bagnols a lui aussi réagi : « Quand on est Légionnaire, on ferme sa gueule, dit-il en colère. Mais une fois qu’on en est sorti, on peut dire ce qu’on pense. Il faut que les gens comprennent que le Mali c’est un champ de bataille ! Pas la manif’ pour le mariage pour tous. »

Une pétition avait même été lancée sur une page Facebook qui vient d’être fermée. Elle avait déjà recueilli plus de 3000 signatures.