jeudi 28 février 2013

Islamisme : déviation ou cœur de l’islam ? par Hamid Zanaz

Une excellente mise au point du philosophe journaliste Algérien Hamid Zanaz. « L’islam, c’est l’islamisme au repos et l’islamisme, c’est l’islam en mouvement. » 
D
ans son dernier reportage, « les radicaux de l’islam », Caroline Fourest parle de ces radicaux islamistes comme s’ils venaient d’une autre religion, comme s’ils n’étaient pas musulmans, comme s’ils n’avaient rien à voir avec l’islam ! Comme s’ils avaient un autre prophète, un autre Coran.
Dès sa première phrase, elle dicte sa vérité : « Eux, ce ne sont pas les musulmans, mais les islamistes ! » La messe est dite. Tout va bien. Ce n’est qu’un groupe d’ « enragés », voulant faire « reculer le vivre ensemble et la laïcité ». Par la bouche d’une spécialiste de l’islamisme, le spectateur apprend que « l’islamisme est une idéologie, et non pas une religion » ! Mais la charmante professeur-chercheuse servant de guide à notre reporter ne nous a pas expliqué cette différence entre religion et idéologie. N’est-il pas imprudent de qualifier l’islamisme par ce pléonasme flagrant « islam politique » quand on sait que l’islam est politique avant tout ?¢


L’imam Chalghoumi appelle, quant à lui, sous les yeux admiratifs de l’enquêteuse, à ne pas mélanger « le sacré » et « le politique » comme si l’islam faisait ce distinguo !

Il faut être dupe ou carrément loin du sujet pour ne pas voir que le but intime et ultime de ce montage n’est rien d’autre que d’imposer, par quelques images et quelques paroles bien mises en scène, une thèse trompeuse, bien connue, galvaudée depuis un certain temps par les rédactions parisiennes, qui se résume ainsi : l’islam est une chose, l’islamisme en est une autre !

Mais ce radicalisme islamique est-il vraiment une simple déviation de la religion mahométane ou en est-il le cœur ? Telle est la question restée sans réponse, malgré les phrases rassurante répétées par le sympathique imam de Drancy Chalghoumi : «  L’islam est une religion de paix, de respect de la vie, d’humanisme, de vivre ensemble », etc.

Un journaliste digne de ce nom devrait interpeller ce théologien pacifiste sur les versets guerriers, le Djihad, la guerre sainte, la condamnation à mort de l’homosexuel, l’amputation, l’apostasie, l’avortement, le statut de la femme… Et lui demander s’il serait favorable à une éventuelle abrogation de ces textes d’un autre âge qui s’opposent radicalement à la vie démocratique apaisée…

C’est en répondant à ces questions bien précises que les gens se dévoilent. Comment se définir modéré quand on utilise dans ses prières quotidiennes des versets comme : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés » ou « Il n’y a point auprès de Dieu d’animaux plus vils que ceux qui ne croient pas et qui restent infidèles. »

Dire que les musulmans dans leur majorité n’ont aucun problème avec la laïcité et que seule une minorité intégriste pose problème est non seulement une contre vérité, mais vraiment se moquer de l’intelligence et de la culture du téléspectateur. Qui sont ceux qui multiplient les demandes de dérogations en tout genre : des intégristes, des musulmans lambda ou les deux en même temps ? Quand les Français, dans leur majorité, rejettent l’islam, sont-ils racistes ou clairvoyants ?

E Questions simples : un immigré marocain ou algérien refusant à sa fille la liberté de se marier avec un non musulman, est-il musulman ou islamiste ? Le voile est-il une invention intégriste ou un impératif islamique ?

Tarek Oubrou, l’imam de Bordeaux (voir l’article du Gaulois), ose dire à Caroline Fourest, yeux dans les yeux et sans aucun gêne qu’« il n’y a aucun texte qui oblige les femmes à se voiler » ! Et la journaliste oublie de lui rappeler le verset qui dit : « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne faire jamais montre de leur agréments (ornements) qu’à leurs maris, à leurs enfants ; à leurs pères ; beaux pères… » Et l’autre « Ô prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs grands voiles (quand elles sont à l’extérieur)… »

Bien malin donc celui qui prétend trouver une différence essentielle entre l’islam et son « isme ». Mais par une seule phrase, mon compatriote Ferhat Mehenni démasque tous ces films, ces livres, ces articles, ces études… qui essayent de maquiller la réalité, créer une confusion sémantique : « L’islam, dit-il, c’est l’islamisme au repos et l’islamisme, c’est l’islam en mouvement. »¢
Lu sur Boulevard Voltaire