jeudi 7 février 2013

Front National: un tiers des Français adhère aux idées

L
'adhésion aux idées du FN se stabilise à son plus haut niveau (32%) et son image s'améliore, notamment auprès des sympathisants UMP. Toutefois, 67% des personnes interrogées n'envisagent pas pour l’instant de voter pour le FN et rejettent ses solutions, selon le baromètre annuel de TNS-Sofres.
Selon ce sondage pour France Info/Le Monde/Canal+, 32% de Français se disent "tout à fait" (6%) ou "assez" (26%) d'accord avec les idées du Front national, un chiffre en hausse d'un point sur un an, tandis que 63% sont en désaccord (26% "plutôt", 37% "tout à fait"). Dans l'historique des enquêtes de l'institut, une adhésion à 32% n'avait été atteinte qu'en 1991. Elle se situait à 28% en mai 2002 et a connu un bond de 14 points depuis 2010.


Il n'y a pas de décrue post-électorale.
 "Ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a pas de décrue post-électorale" comme après les présidentielles de 1995 ou de 2002, souligne à l'AFP Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion chez TNS-Sofres.
Sur fond de crise économique, l'analyste pointe une conjonction nouvelle: "un niveau d'adhésion élevé aux idées frontistes, un étiage électoral haut (17,9% à la présidentielle) et un niveau bas de ceux qui considèrent le FN comme un danger".
Le parti de Marine Le Pen ne "représente un danger pour la démocratie" qu'aux yeux de 47% de sondés (-6), passant pour la première fois sous la barre des 50% (39% chez les sympathisants UMP).
De même, 35% des sondés - 40% à l'UMP - jugent le FN en "capacité de participer à un gouvernement", en hausse de 10 points sur deux ans.

La dédiabolisation du Front National est achevée parmi le peuple.
Au FN, on s'est immédiatement félicité de ces chiffres.
"La dédiabolisation du Front National est achevée parmi le peuple. Seule une petite caste intellectuellement congelée continue de vouloir nous caricaturer", a réagi le vice-président du parti, Florian Philippot.
"On a tout fait pour nous présenter comme des gens dangereux mais c'est vrai aussi que, du côté du Front, on a parfois fait tout ce qu'il fallait", a convenu, pour sa part, l'un des deux députés FN, Gilbert Collard.
Les niveaux d'adhésion à des opinions rattachables au FN sont stables ou en légère hausse, à l'exception de l'idée selon laquelle "on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France", qui culmine à 72% (+9).
Si 54% (+3) trouvent qu'"on accorde trop de droits à l'islam et aux musulmans en France" - 71% chez les sympathisants UMP - et si 54% (+3) jugent qu'"il y a trop d'immigrés en France" - 74% chez les sympathisants UMP -, le retour au franc perd encore un point (29%).

Dans ce contexte, 27% des personnes interrogées souhaitent des alliances locales, "au cas par cas", entre l'UMP et le FN, aux municipales de mars 2014 (37% chez les sympathisants UMP) et 25% sont favorables à un "accord national" (37% des sympathisants UMP) à ces élections.
Avec AFP