samedi 5 janvier 2013

Wallonie, année 2030 - par Pieter Kerstens

Les transports publics sont de plus en plus rares et l’état du réseau routier est des plus déplorables. L’administration est totalement sclérosée et les cohortes de fonctionnaires n’assument plus leurs missions.
Les écoles dispensent un enseignement succinct, car la grande majorité des élèves s’expriment dans un sabir anglo-arabo-moldave et n’écrivent plus qu’en phonétique. La distribution de l’eau, du gaz et de l’électricité est interrompue durant plusieurs jours par semaine. La Poste ne distribue le courrier que si l’enveloppe contient un petit billet. La radio et la télévision ne diffusent plus leurs programmes que 4 heures par jour. La population est certes TRES contrariée, mais 52% des travailleurs sont au chômage et quasi 75% des familles bénéficient de tickets d’alimentation.


Les carburants sont rationnés à 20 litres par véhicule et par mois, mais les 150.000 éoliennes et les 250 terrains de football couverts de panneaux voltaïques continuent à faire fonctionner les usines où se pressent les travailleurs qui ont accepté un boulot à 5 euros de l’heure…

Cette situation mécontente une grande majorité de la population qui des années auparavant avait encensé le Parti socialiste, vainqueur d’un scrutin avec un score de plus de 80% des suffrages, alors qu’au nord du pays, la Flandre était isolée du reste du monde dans une indépendance longtemps souhaitée.

Quand par une belle journée de printemps, Alphonse voit passer avec stupéfaction le car -qui auparavant s’arrêtait 4 fois par jour- suivi du facteur avec quelques lettres pour sa boîte.

Curieux, il va ouvrir le robinet qui alimente son tuyau d’arrosage et l’eau s’en déverse sous une bonne pression! Ahuri, il se rend dans sa cuisine, allume sa cuisinière et constate que le gaz arrive à nouveau et que l’électricité fonctionne également…

Pour faire un test, il allume son poste de télé et voit une émission de variétés, à 11 heures du matin !!!

Il se rue au téléphone qui a retrouvé une tonalité -alors que celui-ci était coupé depuis 3 mois-, appelle sa sœur dans les Ardennes qui, elle aussi, lui confirme que tout fonctionne à nouveau comme au bon temps.

Alors il hurle dans la maison : « Lucienne ! Apporte-moi mon fusil : les Flamands sont de retour ! »


Ndlr.FPI-Le Gaulois : une « zwanze » (blague, plaisanterie en dialecte bruxellois) sans aucune méchanceté pour nos Amis Flamands, bien évidemment !