jeudi 31 janvier 2013

Retour des IUFM, mais en pire

Une première version de la réforme de la formation des professeurs du primaire et du secondaire a été publiée. Elle suscite déjà des réactions négatives venues de divers horizons. Même le site de profs « gauchos » (« Aggiornamento histoire‑géo ») trouve qu'ils vont trop loin.
Dans les années 1950, les professeurs passaient un concours portant sur leurs connaissances. Ils étaient ensuite confiés à des professeurs expérimentés qu'ils regardaient faire et qui leur permettaient de préparer en détail leurs premiers cours. Cette formation par imitation et apprentissage a été progressivement rendue plus abstraite. Le sommet a été atteint avec l'invention des IUFM par le socialiste Lionel Jospin.

Après avoir été reçus au concours, les jeunes professeurs étaient soumis à une formation très théorique. Ils devaient adopter une pédagogie officielle dans laquelle l'élève construit son savoir par lui‑même et réinvente l'ensemble des connaissances humaines au lieu de les recevoir de ses maîtres.

Les ministres de Nicolas Sarkozy ont réussi l'exploit de faire presque pire. Les désastreux formateurs des IUFM (Instituts Universitaires pour la Formation des Maîtres)ont été versés dans les universités et l'année de formation d'après le concours a été pour l'essentiel supprimée. Les jeunes professeurs devaient enseigner tout de suite à plein temps. Le nombre de candidats aux concours d'enseignement s'est effondré.

Maintenant, le gouvernement actuel veut du pédagogisme avant, pendant et après les concours. Les jeunes professeurs devraient avoir un master spécialisé en grande partie axé sur les théories pédagogistes. Les concours devraient être composés aux deux tiers de questions d'ordre « professionnel » et de réflexions sur la manière de faire les cours et pour un tiers seulement sur les connaissances à transmettre. Des enseignants qui voudraient seulement transmettre leurs savoirs sans se soumettre aux lubies pédagogiques à la mode auraient encore plus de mal à passer à travers les mailles du filet.

Bien évidemment, certains professeurs d'IUFM pensent que les choses ne vont pas encore assez loin et s’opposent à ce projet. D'autres comme le site « Aggiornamento histoire‑géo » critiquent des concours qui demanderaient une réflexion sur le métier d'enseignant à des candidats qui n'en ont encore qu'une expérience essentiellement théorique. Le blog de la liberté scolaire critique pour sa part une vision unilatérale de la pédagogie qui laisse de côté la recherche de la vérité et un enseignement qui sache transmettre et expliquer.
Avec Radio Courtoisie