lundi 28 janvier 2013

Michel Sapin : «L’État est totalement en faillite»

« Le gouvernement français doit impérativement s'en tenir à son programme de réduction des déficits publics et ne pas céder aux sirènes qui l'invitent à renoncer à l'austérité », a déclaré dimanche le ministre du Travail sur Radio J pour tenter de justifier sa propre politique… une politique qui n’a rien à voir avec l’austérité, bien évidemment.
Prié de dire s'il estimait, comme l'ancien Premier ministre UMP de François Fillon en 2007, que l'État était en faillite, Michel Sapin a répondu : "Il a en tout cas laissé un État totalement en faillite", rejetant une nouvelle fois toute la responsabilité sur le gouvernement. On rengaine la rengaine : avec les socialistes, rien n’est jamais de leur faute… C’est toujours celle des autres !

La politique d'austérité du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui s'est engagé à ramener les déficits publics français à 3% du PIB à la fin de l'année, est critiquée sur sa gauche, en particulier par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

L'ancien Premier ministre Michel Rocard, figure d'une gauche modérée tendance sociale-démocrate, critique également ce calendrier serré: dans le Journal du Dimanche, il juge notamment que la consommation, un des moteurs de la croissance, est en panne.

"La récession va s'aggraver, donc le chômage va augmenter. Il y a le feu", estime-t-il. "Il faut expliquer aux marchés financiers qu'en poussant à la récession, ils risquent de ne pas récupérer l'argent qu'ils nous prêtent."

"Il faut donc un autre calendrier pour les déficits", ajoute-t-il. "Aussi longtemps que nous n'aurons pas fait accepter un ralentissement dans la réduction de la dette, nous serons sous contrainte."
Avec Reuters