jeudi 10 janvier 2013

Laïc par-ci, Laïc par là – par Éric E.G. Nogard

Tant de gens s’administrent la liberté d’assommer le Monde de leurs connaissances relatives à la Laïcité qu’on en arrive à se poser la question de savoir si, tous, ils parlent de la même chose.
D’ailleurs, au bénéfice de la « clause de précaution », ne conviendrait-il pas qu’on se demande si les exigences qu’ils prêtent à la laïcité ne se ramèneraient pas à leurs propres exigences, autant dire à l’autoritarisme de leur propre nombril.
Serions-nous mal inspirés de faire référence, pour y voir clair, aux symboles mêmes de la Laïcité,  dans la mesure où le sont  Messieurs Jules FERRY et Vincent PEILLON, tous deux Ministres de l’Éducation d’une République Laïque par Excellence, croit-elle.

·         Que dit Monsieur FERRY dans sa « Lettre aux Instituteurs » du 17 Novembre 1883, juste ce qui suit, dans l’esprit : « Les Familles vous demandent – ce pour quoi elles vous payent – de les aider à éduquer et à instruire leurs enfants, de les aider à en faire de bons Français. »

Dès-lors, vous vous garderez d’exprimer la moindre opinion qui soit de nature à froisser la conscience d’un seul de ceux qui vous paient ».
En somme, éduquer, instruire et garder dans son intimité toute idée personnelle qui puisse choquer.

Et toutes les Écoles observèrent cette consigne dans le respect de tout ce qui faisait la Culture du Français.

Et le Concordat lui-même nous apparaît comme la preuve que l’Opinion Religieuse avait droit de cité, malgré son non conformisme aux nouvelles idéologies.

·         Qu’a dit Monsieur PEILLON dans sa Lettre aux Enseignants de l’Église Catholique, toujours dans l’esprit de la Lettre : « Il vous est interdit par l’État de discuter dans vos Écoles, de sujets qui relèvent de son Pouvoir Régalien, notamment en ce qui concerne le mariage Homosexuel ».

Or, un tel mariage n’est-il pas de Nature à Froisser la Conscience religieuse des Catholiques.

Or, une telle interdiction ne transgresse-t-elle pas l’obligation faite aux Enseignants Catholiques, d’Éduquer, d’Instruire les Enfants qui leurs sont confiés, selon le Désidérata des Parents.

Et comment y parvenir sous l’Interdiction de tout débat Sociétal.

Qui de FERRY ou de PEILLON est LAÏQUE tout simplement ?

·         L’un qui fait des Parents les Maîtres de choisir l’Éducation et l’Instruction pour lesquelles ils demandent aide aux Enseignants qu’ils paient de leurs Impôts.

·         L’autre qui impose de façon régalienne des Consignes Inadmissibles aux Enseignants qu’il ne pourrait payer sans les Impôts souvent exorbitants payés par les Parents pour le suivi de leurs Enfants.

Accessoirement, la République d’aujourd’hui ne se tromperait-elle pas simultanément, et sur le sens de la Démocratie, et sur le sens de la Laïcité, comme sur celui du Respect qu’elle doit au Citoyen.

Laïc par-ci, Laïc par-là, Laïc à tout-va nous voulons bien. Cependant, quand le Bateau donne de la bande, ce n’est jamais pour rien, ex sentensia omnium, selon l’avis de tous.

Éric E.G. NOGARD pour « Martinique Province Française »