vendredi 18 janvier 2013

Ah bon, c'est de l'info ! par Alain de Charente

Trois détenus d'une même cellule de la prison de Colmar visiblement pas très étanche...., ont mis à profit la nuit du réveillon de la Saint Sylvestre pour se faire la belle, préférant sans doute fêter la nouvelle année à l'air libre, en s'échappant par le plafond de leur cellule, puis par les toits et via le palais de justice pour finir par s'évanouir dans la nature.
Ce fait divers a fait l'objet d'un des titres du 20h00, mais le journaliste de TF1 qui a relaté l'affaire aura malgré tout assuré un service minimum sur le plan de l'information, se contentant de nous dire que ces trois individus n'étaient pas considérés comme dangereux car incarcérés pour des délits mineurs.

Il faut donc se satisfaire de savoir que nous avons été « informés » sur cette évasion, sans pour autant connaître l’identité des fuyards, pas plus que nous n'avons pu découvrir leurs visages, de même que nous ignorons les motifs de leur incarcération et donc par conséquent ne savons pas en quoi consiste un délit « mineur », sans doute dans le respect cher aux journalistes de ne pas chercher à stigmatiser qui que ce soit.

Nous avons déjà connu les journalistes beaucoup plus volubiles et moins regardants, il n'y a pas si longtemps encore par exemple, lors de l'affaire Galinier, cet honnête citoyen bien de chez nous, âgé de 73 ans qui demeurant dans l'Hérault a décroché son fusil et tiré sur des Roms venues chez lui sans y avoir été invitées pour le dépouiller de ses biens, sans doute dans un esprit de partage unilatéral, réaction qui n'aura pas manqué d’interpeller les médias nettement moins timorés ce jour-là pour relater les faits, car sans aucune cachotterie concernant la personnalité de celui qui aura été présenté comme l'agresseur et non comme la victime, son nom, son visage, son adresse ayant remplis nos lucarnes médiatiques.

Donc, à la télé, il y a Info et Info : celle que l'on veut mettre en lumière et l'autre que l'on préfère occulter. Faut-il en conclure que les médias ne seraient pas d'une totale objectivité, d'une partialité irréprochable, d'une neutralité à toute épreuve et que l'idéologie pourrait l'emporter sur la déontologie ?... Je préfère ne pas l'imaginer un seul instant.