dimanche 6 janvier 2013

6 janvier 1558 : Les Français reprennent Calais


Le 6 janvier 1558, les Français reprennent Calais, dernière possession anglaise sur le Continent. C'est la fin d'un très long contentieux entre les deux pays, qui remontait à l'avènement d'Henri II Plantagenêt. La reprise de Calais met fin à deux siècles d'occupation anglaise, coupe court à la menace d'invasion du royaume et va permettre au roi Henri II de conclure le traité de Cateau-Cambrésis.
C'est un exploit du duc François de Guise, dit le Balafré, nommé en catastrophe lieutenant général du royaume quelques mois plus tôt, après la défaite du connétable Anne de Montmorency à Saint-Quentin face aux Espagnols.


Le duc, qui est par ailleurs l'oncle de la future reine Marie Stuart, va s'acquérir une immense popularité mais sera assassiné par Poltrot de Méré au début des guerres de religion (18 février 1563).

Le comportement séditieux de son fils Henri (dit aussi le Balafré) fait que les rois et l'histoire officielle préfèreront ne plus citer le nom du capitaine victorieux.

François Ier de Lorraine,
2ème duc de Guise
(1520-1563)
Militaire et homme d’État français du XVIe siècle, dit « le Balafré », il fut l'un des meilleurs chefs d'armée du roi Henri II et le principal chef catholique pendant la première guerre de religion.
Il est comte, puis duc d'Aumale et pair de France, marquis de Mayenne, baron, puis prince de Joinville, grand chambellan, grand veneur, et grand maître (1559).
Compagnon d’enfance d'Henri d'Orléans (futur Henri II), François de Guise est un chef militaire de renom, à la tête d’un puissant lignage. Il gouverne la France sous le règne de François II de France (1559-1560) avec son frère Charles de Lorraine (1524-1574), et s’illustre comme le chef des catholiques durant la première guerre de religion. Il meurt assassiné le 24 février 1563.
LA REPRISE DE CALAIS

C'est en Forêt d'Eu que l'on prépare des claies enduites de poix, alors qu’ailleurs on rassemble les vêtements, le pain et le vin, la poudre, la viande... la surprise est totale.
En l’absence de toute défense naturelle, le maintien de la mainmise anglaise sur Calais dépend de fortifications entretenues et améliorées à prix d’or. Or la proximité de Calais avec la frontière franco-bourguignonne, puis franco-espagnole a opposé fréquemment la garnison anglaise aux forces de France et du duché de Bourgogne.

Longtemps soulagée par l'affrontement entre la Bourgogne et la France, la domination anglaise sur Calais a pu s'épanouir pendant 150 ans, ces deux voisins convoitant la ville mais préférant la voir aux mains des Anglais plutôt que de leur rival.

Le samedi 1er janvier 1558, l'avant-garde Française investit Sangatte, Fréthun et Nielles.

Le 2 janvier, les corps d'armée enlèvent le fort Risban.

Le 3 janvier, l'artillerie s'installe au fort Nieulay et au fort Risban.

Le 7 janvier, à 2 heures du matin, Lord Thomas Wentworth, complètement débordé par cette attaque foudroyante remet les clefs de la ville aux Français.

Quelques jours plus tard, l'arrière-pays reconquis lui aussi voit tomber les défenses anglaises de Guines et Hames.

Le 23 janvier 1558 enfin, le roi de France, Henri II, fait son entrée à Calais.

Les pays reconquis, victimes pendant deux siècles de combats sans fin entre l'Espagne, l’Angleterre et la France, deviennent l’objet d'un suivi particulièrement efficace : bornage de la frontière, nouveau partage des terres cultivables, réorganisation des 24 paroisses, reconstruction des villages et des églises.

Chez les Anglais ce fut stupeur et incrédulité. On raconte même que la reine Mary sur son lit de mort quelques mois plus tard aurait dit à ses proches : « Quand je serai morte et ouverte, on trouvera Philippe (son mari) et Calais inscrits dans mon cœur. »

Côté Français le butin est inespéré : des vivres pour 3 mois et près de 300 canons.