lundi 17 décembre 2012

Smic plus 3 centimes : et que le Peuple s’amuse !


Pendant sa campagne, le candidat Hollande avait promis un SMIC à 1700 euros. Qu’à cela ne tienne : la promesse se traduit maintenant par une « augmentation » de trois centimes l'heure.
La faible augmentation du salaire minimum annoncée lundi par le ministère du Travail, en même temps qu'une révision de ses critères, portera le Smic à 9,43 euros à partir du 1er janvier, soit 1.430,22 euros bruts mensuels pour les salariés aux 35 heures. Et que le Peuple s’amuse !


Pour 35 heures travaillées, l'augmentation sera inférieure à 5 euros. Cette revalorisation du Smic de 0,3% correspond à la stricte augmentation légale, après une hausse de 2% au 1er juillet, dont un coup de pouce de 0,6%.
Au total sur l'année, le Smic aura progressé de 2,3% et "compte-tenu de l'inflation de +1,3% constatée sur l'année, cette hausse globale correspond à un gain de pouvoir d'achat de 1%" pour les 2,6 millions de salariés rémunérés au Smic, précise le ministère dans un communiqué.
Cette faible revalorisation ne devrait pas satisfaire FO et la CGT, qui en fin de semaine dernière avaient de nouveau appelé à porter le Smic à 1.700 euros bruts.
Devant la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), le ministre du Travail, Michel Sapin, a par ailleurs annoncé une révision des critères d'indexation du Smic afin de "garantir aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles leur pouvoir d'achat et une participation au développement économique de la Nation".
Ces nouvelles règles de revalorisation seront présentées au prochain Conseil des ministres.
Comme attendu, le ministère propose un toilettage des deux piliers sur lesquels s'appuie la revalorisation annuelle: l'indice des prix et le salaire horaire de base ouvrier, afin de mieux prendre en compte le coût de la vie des foyers modestes.

UN NOUVEL INDICE « MIEUX CIBLÉ » ?

Depuis plus de quarante ans, le Smic est recalculé automatiquement chaque année pour suivre l'évolution des prix hors tabac, pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé, et de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).
Michel Sapin propose de retenir un indice d'inflation "ciblé sur les salariés à faible revenu" pour "mieux prendre en compte le poids des dépenses contraintes (loyer, énergie)". En l'occurrence, les dépenses des "ménages des premiers et deuxièmes déciles", précise le ministère.
Ensuite, le salaire horaire de référence sera élargi aux employés, la part des ouvriers dans l'emploi salarié ayant fondu entre 1980 et 2008 (de 40% à 22%).
Selon un économiste, ces deux changements auront un effet "marginal" sur l'évolution du Smic.
Enfin, comme Michel Sapin l'avait indiqué dès dimanche, l'idée d'indexer automatiquement le mode de calcul sur la croissance, défendue pendant la campagne par François Hollande, a été abandonnée. Encore du changement !
Cependant, "l'évolution de la croissance sera prise en compte dans les futurs +coups de pouce+" pour "favoriser la redistribution des fruits de la croissance, lorsque que celle-ci est au rendez-vous", promet M. Sapin.
Le ministre a par ailleurs annoncé que le fonctionnement du groupe d'experts conseillant le gouvernement sur le Smic, critiqué par les syndicats, serait "revu" pour permettre "un dialogue plus approfondi et plus direct" avec les partenaires sociaux.
Ce groupe d'économistes, dont le renouvellement arrivait à échéance, prônait dans son dernier rapport la fin des revalorisations automatiques et une profonde révision des règles régissant le salaire minimum, allant jusqu'à préconiser de le différencier selon l'âge ou la région.
Avec AFP