lundi 26 novembre 2012

Encore une ânerie d’Attali : le droit de changer de prénom


Jacques Attali est connu de tous. Il passe si souvent à la télévision qu’il semble habiter dedans. C’est un économiste du siècle dernier, qui a beaucoup contribué à la pensée de François Mitterrand. C’est pour cela qu’il restera dans l’histoire, ainsi que pour ses tentatives désespérées et désespérantes de diriger des orchestres symphoniques en public alors qu’il ne sait pas le faire.
Mais la question n’est pas de savoir si Jacques Attali a l’oreille absolue, ou encore de savoir si Baltique, le labrador présidentiel, a été le nègre d’Attali pour sa série d’ouvrages mitterrandolâtres “Verbatim”, mais de savoir si le grand Jacques tient encore la route… en novembre 2011, prenant des postures de prophète ou de sage des montagnes (la barbe lui est poussée…) il prédisait de manière tonitruante la fin de l’euro “avant Noël”. Nous abordons Noël 2012 et l’euro est toujours là. Mais, infatigable, l’économiste au regard qui pense est revenu à la charge il y a quelques jours pour proposer la réforme du siècle que le peuple de France appelait ardemment de ses vœux : le droit de changer librement de prénom !

On lit dans une tribune qu’il signe sur Slate.fr : “En ces temps de réflexion sur les libertés nouvelles que chacun pourrait se voir accorder, il en est une, à laquelle nul ne réfléchit assez, à mon sens, qui concerne l’identité. Pourquoi faudrait-il accepter le nom, et le prénom que nos parents nous imposent ? ” Ah la belle idée ! Ah ce droit de rompre symboliquement avec son patronyme et le prénom que nous ont donné nos parents ! Il faut dire que les années 2000 et la télé-réalité ont déjà beaucoup fait pour la destruction du patronyme… Dans les écrans ce ne sont plus que Loana, Jean-Edouard et bourriquet… ! Il restait à détruire la symbolique du prénom… “Je propose - écrit le sage – de modifier (le) code civil, pour affirmer qu’il appartient à chaque personne, à partir de l’âge de 18 ans, de choisir librement son prénom.” Il sera ainsi possible de céder à la dernière mode, de prendre le prénom de son acteur préféré (si nos parents nous ont donné celui de leur personnage de sitcom favori)… et d’abolir ce qui faisait du prénom ce lien intime à ceux qui nous ont enfantés. “Les prénoms diront alors non pas ce que nos parents ont rêvé pour nous mais ce que nous rêvons pour nous-même, ce qui est, sans doute, au moins aussi important.” Le jeune, ivre de lui-même, pourra se rêver pleinement autonome, de génération spontanée ; il pourra se prendre pour son propre géniteur… celui qui se donne lui-même son prénom.

Mais le philosophe sait nous rassurer : “Il doit cependant y avoir une limite à cette liberté, comme à toute autre: on ne peut aller jusqu’à consommer des prénoms comme des objets de mode, en en changeant chaque année.”

C’est là que l’on regrette que le progressisme béat de Jacques Attali, et son désir barbare de liberté, n’ose pas aller jusqu’au bout du ridicule. Nous proposons pour notre part la mise en place d’un “chèque prénom” permettant d’en changer six fois par ans, la mise sur pieds d’une commission nationale des prénoms citoyens et éco-conscients, ainsi que l’obligation légale pour chaque jeune personne, dès l’âge de 18 ans, non seulement de se choisir un nouveau prénom, mais aussi un nouveau sexe, et de nouveaux parents. Tout se dissoudra magnifiquement dans la religion de la nouveauté, de l’à ma guise, et du changement-maintenant… Et tous les “Jacques” pourront se faire appeler “Jack”.
Causeur.fr