mercredi 10 octobre 2012

Rendons aux Algériens ce qui appartient aux Turcs –par Manuel Gomez


L’État algérien réclame officiellement au gouvernement français la restitution de 158 objets appartenant, selon lui, au patrimoine mémoriel de l’Algérie et se trouvant en France.
Parmi ces différents objets l’un est très encombrant : il s’agit du canon surnommé « Baba Merzouk » qui pèse 12 tonnes, et sa longueur est de 7 mètres.
Il s’agit d’une prise de guerre ramenée d’Alger le 5 juillet 1830 par l’amiral Guy Duperré. Il se trouve depuis 1833 érigé en colonne dans la cour de l’arsenal de Brest.


Le gouvernement algérien réclame également les effets personnels du dey d’Alger et les crânes de quelques résistants algériens du 19e siècle.
Pour l’anecdote ce canon, dont la portée de 4 kms 800 absolument exceptionnelle pour l’époque, a été construit par un fondeur vénitien en 1542 sur une commande du turc pacha Hassan, fils et successeur de Kheirredine « Barberousse », qui pour mémoire fit également construire le fort l’Empereur, sur les hauteurs de la Casbah et massacrer des milliers de braves partisans algériens dont les crânes sont restés sur place.
Toujours pour l’anecdote, mais plus dramatique, lors du siège d’Alger en 1683, le père Le Vacher, consul de France et  missionnaire, fut attaché au bout du canon et expédié à l’aide d’un boulet vers le navire amiral de la flotte française commandé par Duquesne. Cinq années plus tard, en 1688, ce sera le tour d’un autre consul, André Piolle, de subir très exactement le même sort, expédié cette fois vers le navire amiral du maréchal Jean d’Estrées. Pour ces deux raisons « Baba Merzouk » sera baptisé par les Français «  La consulaire ».
Pour en terminer avec l’anecdotique, peut-être faudrait-il demander l’avis du consul d’Algérie en France afin de savoir s’il serait d’accord pour être expédié de la même façon vers son pays ?
À noter que ce canon n’a rien de très algérien et que son siège d’origine, le fort l’Empereur, n’existe plus. Enfin que les effets du dey d’Alger de cette époque devraient être réclamés par les turcs et non par les Algériens.
Les pourparlers avec les autorités officielles françaises sont, paraît-il, en bonne voie et actuellement examinés par le ministère des affaires étrangères.
Mais si un accord intervenait où faudrait-il renvoyer ce « Baba Merzouk » puisqu’en 1830 l’Algérie n’existait pas encore ??
Et si par la même occasion, et par réciprocité, nous réclamions à la république démocratique populaire algérienne de nous rendre, ou de nous régler le prix de tous les biens que nous avons laissé en quittant ce pays, en vertu des accords signés à Évian le 19 mars 1962 : « Leurs droits de propriété seront respectés (il s’agit bien entendu du droit de propriété des Français d’Algérie). Aucune mesure de dépossession ne sera prise à leur encontre sans l’octroi d’une indemnité équitable préalablement fixée »
Tout le gaz produit par l’Algérie n’y suffirait pas !