lundi 8 octobre 2012

Petits échos du salon du livre de Mouans-Sartoux – par Manuel Gomez


Le 25e Salon du livre de Mouans-Sartoux s’est achevé hier soir. Qu’il soit teinté de « vert et rose » n’empêche pas qu’il soit un évènement littéraire majeur de la région PACA. Mais impossible pourtant que l’on puisse parler de « De gaulle » qui fut, en son temps et quand il a eu besoin d’elle, un véritable allié de la « gauche ».
De quoi a-t-on parlé alors ? De l’Algérie bien sûr ! Mais qui en a parlé ?


Tout d’abord l’auteur d’un livre en association avec Benjamin Stora (quelle référence !). Mais ce qui est grave, et un tantinet ridicule, c’est que le titre de ce livre « La guerre d’Algérie vue par les Algériens » est écrit par un « Français » Renaud de Rochebrune.
Que des Algériens expliquent leur guerre d’Algérie c’est leur droit et même, pour certains, un devoir, mais qu’un métropolitain ait l’outrecuidance de signer de son nom un tel livre dépasse l’imagination. Sa « quatrième de couverture » indique qu’il s’agit de « cette guerre telle quelle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l’aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français ».
Je me permets de signaler à ce journaliste-écrivain et rédacteur en chef de « Jeune Afrique » qu’il y avait de « réels » envoyés spéciaux sur le terrain, aussi bien Français qu’Algériens et qu’ils ne l’ont pas attendu pour écrire « leur » guerre.
Ensuite nous avons bénéficié de l’expérience inédite d’un écrivain Arabe, Ben Salama, qui nous a informé que si l’Islam n’aimait pas l’Occident c’est parce que tous les pays islamisés, à part la Turquie, avait été occupés depuis 1917 par les occidentaux. Oubliant d’ajouter que l’Islam avait durant des siècles occupé de nombreux pays occidentaux, y compris l’Algérie. Il poursuivait ses incongruités en affirmant que «la charia » s’était pratiquée en Algérie même sous l’occupation française (qui autorisait ces pratiques pour éviter des problèmes) et ce jusqu’en 1962.
Ben Salama n’a probablement jamais vécu en Algérie avant cette date, compte tenu de son âge, mais moi oui et je n’ai jamais ni vu ni entendu dire qu’une femme musulmane adultère avait été lapidée, qu’un voleur avait eu sa main coupée et qu’un enfant avait été sodomisé…mais peut-être a-t-il des exemples ?
Enfin un jeune journaliste du « Monde », Pierre Daum (a-t-il au moins mis une fois les pieds en Algérie ?), dans une livre intitulé « Ni valise ni cercueil », nous a longuement entretenus sur les 200.000 Pieds-Noirs qui seraient restés en Algérie après l’indépendance sans subir la moindre violence (sic). Ce chiffre est totalement fantaisiste. Le consulat de France n’a enregistré que quelques milliers de résidents, environ 50.000 et pas davantage. Sur ces 50.000 plus de la moitié n’étaient que des personnes âgées qui n’avaient jamais « vu » la France et qui, n‘ayant pas de famille, préféraient mourir sur « leur » terre, une autre partie était des fonctionnaires « obligés » de rester sur place malgré leur désir de partir et enfin ceux que l’on doit appeler les « Pieds-Rouges » qui sont restés par idéologie et parce qu’ils espéraient des postes et une reconnaissance qu’ils n’auraient jamais obtenu en France et qui « tous » ont été jetés à la mer le plus rapidement possible.  
Sans doute a-t-il occulté de sa théorie les plus de 3000 oranais innocents enlevés et assassinés durant la première semaine de juillet 62, et sans doute ne parlait-il pas non plus des Harkis. Effectivement ces dizaines de milliers de cadavres n’ont eu besoin « ni de valise ni de cercueil »
La première phrase de sa « quatrième de couverture » donne le ton : « Dans l’imaginaire collectif on a parlé d’un exode massif…etc. ». J’imagine aisément la suite.
Ce 25e salon était présidé par Guy Bedos, qui préfère « pérorer » durant une heure devant un auditoire acquis plutôt que de répondre à « la lettre ouverte » que je me suis permis de lui adresser par voie de presse suite à son article sur « Nice Matin ».
Pour terminer notons qu’il est dommage que ce salon soit payant surtout en période de crise et que le social s’impose pour une municipalité de gauche.